Dorothée Gilbert est une danseuse que j’apprécie énormément. Élégante, dotée d’une grâce naturelle, très technique, lumineuse, déterminée, rigoureuse, exigeante. La voir évoluer sur scène durant des années, a été un véritable enchantement pour moi . Entrée à l’École de danse de l’Opéra de Paris en 1995, elle a gravi tous les échelons : Coryphée en 2002, Sujet en 2003, Première danseuse en 2005, puis Étoile en 2007 avec Casse Noisette de Rudolf Noureev.

Cette année elle a 43 ans. Ainsi que le prévoit l’Opéra de Paris , elle aurait dû se retirer il y a un an, mais la programmation ne le permettait pas, donc une année supplémentaire lui a été consentie. Elle fera donc ses adieux à la scène le 15.10.2026 avec Manon de Kenneth MacMillan.

Dorothée va beaucoup nous manquer parce que c’est une danseuse très classique, qui représente une merveilleuse illustration de ce que l’on appelle la tradition dans le ballet français, ce que , malheureusement, l’Opéra de Paris, comme d’autres, ne favorise plus autant qu’on pourrait le souhaiter et se tourne beaucoup trop ( à mon avis ) vers le contemporain.

« Danser sur scène, c’est une parenthèse de liberté et de légèreté qui donne sens à chaque heure de travail et de dépassement de soi. – Ce qui m’a toujours fait vibrer lorsque je danse, c’est l’interprétation ! Le fait de ne plus être moi le temps d’un spectacle, d’être un autre personnage, de raconter une histoire avec mon partenaire… C’est dans les ballets durant lesquels je suis partie le plus “loin” que j’ai vécu les moments les plus magiques.
On veut donner du bonheur aux gens. Comme un bon film, on crée un divertissement. On peut leur faire oublier l’espace d’un instant les soucis de leur quotidien et, si possible, leur offrir quelques images qui fassent briller leurs yeux pendant quelques heures, voire quelques semaines ou mois après le spectacle.
« — Dorothée GILBERT (Danseuse Étoile française)

Dorothée GILBERT (Photo de son époux : James BORT ) ‘
(Vidéo : Dorothée GILBERT et Hugo MARCHAND – « Au début, je ne voulais pas de lui. Je ne le connaissais pas, pour moi, c’était un petit jeune. Et je devais danser Manon avec lui. Or, Manon, est l’ un des ballets les plus compliqués quand on pense duo, partenariat. Il nécessite un danseur expérimenté qui a l’habitude de faire des pas deux, de toucher une partenaire… Et dans l’ interprétation. Normalement, quand on est jeune, artistiquement, c’est plus compliqué d’arriver à sortir quelque chose… Et puis en réalité, cela a été une découverte. Hugo est un artiste depuis très jeune. Il avait 21 ans, mais il avait déjà ce côté très dramatique et sombre qui fait partie aussi de sa personnalité. Et puis, c’est quelqu’un qui travaille énormément et qui construit les choses. Donc on s’est très bien entendus. C’est important de voir que d’une répétition sur l’autre que les choses avancent, que les corrections sont assimilées, que l’on peut continuer à approfondir le travail pour aller encore plus loin dans la chorégraphie et les pas de deux… Cela été un coup de foudre artistique et aussi technique. Cela fait plusieurs années que l’on danse ensemble. On se comprend sans se parler et on sait comment l’autre va réagir. Il y a une sorte d’instinct qui fait que l’on sait que rien ne peut nous arriver. C’est assez rassurant. Cette confiance nous permet d’aller encore plus loin et de peut-être de se lâcher encore plus. »

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