» Madame Rivière
Petit ru fripon
Pas plus tard qu’hier
Passait sous le pont
Monsieur Chemin Vert dans sa promenade
Lui faisait du pied, timide parade
Madame Rivière
Onde frémissante
Et primesautière
Tout l’été s’absente
Monsieur Chemin Vert tout du long la guette
Son jupon mousseux -soupir- il regrette
Madame Rivière
Est incorrigible
Des journées entières
Elle reste invisible
Monsieur Chemin Vert en perdrait la tête
Retourne les pierres, en vain il s’entête
Madame Rivière
Fait sa mijaurée
Et sa cachotière
Dame évaporée
Monsieur Chemin Vert voit au bord du lit
Un rai de lumière dans les éboulis
Madame Rivière
Et Monsieur Soleil
Nez à la portière
Au loin appareillent
Monsieur Chemin Vert les voit qui dévalent
Tout le long du val, en pleine cavale
Madame Rivière
A boudé son charme
Malgré ses prières
Et toutes ses larmes
Monsieur Chemin Vert en perd son dodo
Coincé dans l’écluse de sa libido
Madame Rivière
Malgré les orages
Laisse la poussière
Couvrir le rivage
Monsieur Chemin Vert la tête tournée
Vers le pont de pierre pense infortuné
Madame Rivière
Toujours à la course
A un cœur de pierre
Ça coule de source
Monsieur Chemin Vert d’amour consumé
Dans le lit défait la guette à jamais » Philippe SALORT (Poète français)






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