«  Une mauvaise herbe est une plante dont on n’a pas encore trouvé les vertus. » Ralph Waldo EMERSON (Essayiste, philosophe et poète américain)

Dans le langage des plantes , l’herbe symbolise la consolation et la persévérance

 » L’herbe revient souvent dans la littérature et dans la poésie. Du moins, devrait-on dire, les  herbes car c’est sans préciser les espèces de nombreuses plantes qui la composent.

Il s’agit plutôt d’un écrin pour mettre en valeur les fleurs des champs, ou pour servir de cadre à des amours champêtres. Peu de gens les connaissent par leur nom, à part peut-être le chiendent qui est l’emblème de la persévérance. Ne dit-on pas pousser comme du chiendent d’une plante qui repousse toujours malgré les efforts faits pour l’éliminer 

Les herbes ont souvent reçu des surnom en langue populaire : la lunaire est appelée herbes-aux-écus par similitude avec ses étranges disques parcheminés qui, contenant beaucoup de graines, symbolisent la fécondité. On peut citer aussi l’aigremoine ou herbe de saint Guillaume vantée par Charlemagne dans ses Capitulairesl’herbe-au-pauvre homme, et surtout les herbes de la Saint-Jean douées, dit-on, de merveilleuses vertus. » Marthe SEGUIN-FONTES (Institutrice française, auteur et illustrateur)

Voici quelques tableaux et poèmes pour illustrer cet article :

Mangez sur l’herbe,
Dépêchez-vous.
Un jour ou l’autre,
L’herbe mangera sur vous.
” Jacques PRÉVERT (Poète français / Extrait de son recueil Fatras/1966)

Berthe MORISOT
A Herbe MONET
Claude MONET
A VAN GOGH Herbe
Vincent VAN GOGH
Chris DJIK
Franz GRASSEL

« Est-ce un mot d’amour
Oublié
La petite herbe verte
Entre les pavés
De la cour

Quel jardinier de l’absence
œuvre en silence
Dans les dédales du jour

Seule sans amie
La petite herbe verte
Dans les vestiges de l’oubli
Tremble et s’ennuie

Personne pour cueillir
L’herbe folle
L’usine va mourir
Le souvenir s’envole

Demain
On fermera l’école

Est-ce un mot d’enfant
Oublié
La petite herbe verte
Entre les cahiers
du dernier écolier
. » Serge FÉCHET (Poète français) Extrait du recueil Les jardins oubliés)

 » L’herbe décide :
« Il faut s’asseoir, et par prudence
prendre racine entre deux pierres. »
Puis deux herbes corrigent :
« Il ne faut pas dormir mais croître,
écarter chaque pierre
et prendre soin de notre espace :
l’azur est un ami. »

L’herbe discute :
« Je suis modeste et me méfie des arbres ;
je ne dois pas faire comme eux
avec leur stratégie de poulpes
et leur façon de pêcher les étoiles. »
Puis deux herbes corrigent :

« Ne nous excusons pas, soyons nombreuses ;
oui, par exemple, comme les fourmis ;
un jour, tout ira mal, il y aura des morts ;
c’est nous, et rien que nous, qui les recouvrirons. »
L’herbe décide :
« Je serai neutre,
je serai verte, un peu jaunâtre, imprévisible. »
Étrangère , une autre herbe demande :
« Où est le haut ? Où est le bas ? Où sont nos ailes ?
Si nous pondions des œufs ?
Allons-nous alerter la montagne ?
Est-ce à jamais que nous sommes des herbes ? »
Et l’herbe dit :
« J’ai trop pensé ; depuis l’aube, je pousse.
« Alain BOUQUET (Poète français)

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