Je vous envoie un bouquet que ma main
Vient de trier de ces fleurs épanouies,
Qui ne les eut à ce vêpre cueillies,
Chutes à terre elles fussent demain.
Cela vous soit un exemple certain
Que vos beautés, bien qu’elles soient fleuries,
En peu de temps seront toutes flétries,
Et comme fleurs, périront tout soudain.
Le temps s’en va, le temps s’en va, ma Dame,
Las ! le temps non, mais nous nous en allons,
Et tôt serons étendus sous la lame :
Et des amours desquelles nous parlons,
Quand serons morts, n’en sera plus nouvelle :
Pour-ce, aimez-moi, cependant qu’êtes belle. » Pierre de RONSARD (Poète français – Extrait de son recueil Second livre des Amours)





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