(Vidéo : Glenn GOULD au piano)

Chef-d’œuvre pédagogique, œuvre culte, monument de la musique classique, Le Clavier bien tempéré de Jean-Sébastien Bach regroupe deux recueils comprenant chacun 24 Préludes et 24 Fugues. Le premier, composé en 1722 (révisé jusqu’en 1750) portait le titre suivant  » Clavier bien tempéré ou Préludes et Fugues dans tous les tons et demi-tons, tous deux avec la tierce majeure ou ut, ré, mi, et avec la tierce mineur ou ré, mi fa. Pour la pratique et le profit de jeunes musiciens désireux de s’instruire, et pour la jouissance de ceux qui sont déjà rompus à cet art.  » – Le second sera écrit en 1744.

Frédéric Chopin en jouait un morceau chaque jour, Robert Schuman disait que c’était son quotidien et que la musique de Bach donnait du goût pour les beautés artistiques de la vie. Franz Liszt, Mendelssohn et tant d’autres compositeurs ont affirmé que cette œuvre était leur livre de chevet.

Les pièces, qui le composent, ont la réputation de ne pas être faciles à interpréter. Elles sont toutes miraculeuses, imaginatives, denses, délicates, fantaisistes aussi, sensibles, spirituelles, bref géniales comme a su l’être ce merveilleux compositeur.

 » On trouve souvent dans le Clavier bien tempéré une réelle communion d’intérêt et d’esprit entre les Fugues et les Préludes qui les précèdent. Parfois certains Préludes ne sont rien d’autre qu’un préliminaire prosaïque en forme d’Étude. J’aurais tendance à faire entrer les Préludes en ut majeur et ut mineur du Premier Livre dans cette catégorie. En revanche, rien ne pourrait s’identifier plus complètement au caractère méditatif et mélancolique de la Fugue à cinq voix en ut dièse mineur du Premier Livre que son Prélude langoureux et rêveur. A l’occasion, les Préludes eux-mêmes ont une orientation fuguée. C’est le cas de celui en mi bémol majeur du Premier livre. En dépit de son absence d’égard pour les propriétés expositionnelles académiques, il présente une texture fuguée très enchevêtrée qui rejette dans l’ombre la fugue plutôt spécieuse et conventionnelle qu’il préface. Parfois encore, Bach utilise le Prélude pour s’essayer aux raffinements bien formulés de structures binaires équilibrées offrant l’occasion d’une altercation thématique, et qui étaient devenus la préoccupation principale de la plupart de ses collègues. » Glenn GOULD 1932/1982 (Pianiste, compositeur, écrivain, homme de radio et réalisateur canadien – Extrait de son livre Écrits)

2 réponses à « Le clavier bien tempéré … Jean-Sébastien BACH »

  1. Tenez ! Ce poème écrit tout récemment.

    Les nuages

    Les arbres se reprennent, se renouvellent

    Dans leur accord avec les volants,

    Les nuages, l’azur.

    Fernand Ouellette

    Ce sont de beaux cumulus. Ils flottent

    Entre les toits des résidences.

    S’accordent harmonieusement

    À la canopée toute verte des grands arbres.

    Le ciel est si bleu, le temps si clément

    Que me vient à l’esprit une pensée

    Pour mon vieil ami Fernand.

    Depuis son décès, pas un jour ne passe

    Sans que je lise quelques-uns de ses poèmes.

    C’est en des moments pareils

    Alors qu’il déambulait le long de la rivière,

    Que son cœur et son âme vibraient à l’unisson.

    La nature l’inspirait.

    Il désirait rejoindre le bleu du ciel.

    Je songe à ses poèmes

    Dans lesquels entre si peu de prosaïsme.

    Je comprends de mieux en mieux sa quête du divin.

    La musique d’un piano nourrit ma rêverie. 

    Déjà le ciel et les nuages m’émeuvent grandement.

    Lorsque les premières notes de l’aria BWV 988

    Des Variations Golberg se font entendre,

    L’émotion enfin me submerge tout à fait.

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    1. Avatar de Lisa Pascaretti
      Lisa Pascaretti

      C’est très beau et émouvant ! Je vous remercie infiniment pour cette  » illustration poétique  » cher Daniel. Cela me touche soyez-en assuré. ♥

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