» Ah que la pluie dure !
Lente fraîcheur
Sur le monde replié
Passif et doux.
Pluie pluie
Lente lente pluie
Sur celle qui dort
Ramenant sur soi le sommeil transparent
Tel un frêle abri fluide.
Séjour à demi caché
Sous la pluie
Cour intérieure dérobée
Où les gestes de peine
Ont l’air de reflets dans l’eau
Tremblante et pure
Toutes les gouttes du jour
Versées sur celle qui dort.
Nous n’apercevons son coeur
Qu’à travers le jour qu’il fait
Le jour qu’elle ramène
Sur sa peine
Comme un voile d’eau. » Anne HÉBERT 1916/2000 (Écrivaine, poétesse, dramaturge et scénariste québécoise – Extrait de son recueil Le tombeau des rois )







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