
» L’abricot, un petit fruit rond à la peau duveteuse, teintée de rouge et d’orange, promesse d’une chair gorgée de sucre et de soleil. L’aspect extérieur des abricots, est très flatteur. Beaucoup plus que la description qu’en faisait Émile Zola dans son roman Le ventre de Paris. Je le cite : » Une ivrognesse affreuse n’étalait que des abricots cadavéreux, d’une jaune infâme de sorcière … « ‘
Heureusement, nous avons la chance d’avoir, aujourd’hui, des beaux abricots orangés. Mais attention, il ne faut pas se fier aux apparences. Cette jolie couleur est trompeuse car elle peut laisser croire que le fruit est mur alors que ce n’est pas forcément le cas. En effet, une fois cueilli, l’abricot ne cesse de mûrir. L’idéal serait donc qu’il soit récolté à maturité. Mais il est alors très fragile et doit être mangé rapidement. Un petit conseil au passage : comme pour les tomates, ne rangez pas les abricots dans le réfrigérateur, car cela altère leur arômes.
Sur l’origine du mot lui-même : abricot. Il vient probablement de l’espagnol albaricoque, qui lui-même est issu de l’arabe al-barqûq, qui viendrait du grec praekokhion….à moins que ce ne soit du latin praecoquum, tout ces mots significant fruit précoce. L’histoire des mots est parfois aussi longue que celle des aliments qu’is désignent !
Son nom scientifique est Prunus armeniaca (prunier arménien). Mais l’Arménie n’est pas le berceau de l’abricotier sauvage. Celui-ci est apparu dans les montagnes du nord de la Chine, où sa culture a débuté il y a 4 à 5000 ans.
L’abricotier est un arbre patient. Il a attendu plus de deux millénaires avant de s’élancer à la conquête de l’ouest, en empruntant la fameuse Route de la soie. L’abricotier ne serait arrivé en Iran qu’au IIème ou Ier siècle avant J.C. De là, il aurait poursuivi sa route vers l’Arménie. Il serait parvenue à Rome aux alentours de l’an 50.
En France, il arrivera beaucoup plus tard. Pendant tout le Moyen-Âge, l’abricotier ne s’éloigne pas des rives de la Méditerranée où les Arabes l’ont implanté. C’est un quasi inconnu en France jusqu’au XVIe siècle.
Pendant plus de deux siècles, ce sera quasi-exclusivement sous forme de confitures et de compotes qu’on le consommera. Mais au XIXe siècle, révolution : on l’utilisera dans toutes sortes de pâtisseries, de desserts et de confiseries.
Alexandre Dumas qui était aussi auteur culinaire, fit l’éloge de ‘abricot dans son grand Dictionnaire de cuisine : » Au moyen de cet excellent fruit , on parfume délicieusement des flans, des glaces, on fait d’excellents gâteaux, des beignets, des tourtes, des crèmes, des compotes et des confitures … «
Mais Dumas oublie de parler des pâtes de fruits. Pourtant, au début du XIXe siècle, une région française, l’Auvergne, est très réputée pour sa pâte d’abricots blancs qui était exportée jusqu’en Amérique et en Russie.
Les Français utilisaient très peu l’abricot en cuisine. A la différence des Marocains ou des Iraniens qui , eux, l’incorporaient, sous forme d’abricots frais, dans des plats de viande, d’agneau notamment, comme les tajines. L’abricot se marie aussi fort bien avec des poissons fumés, du proc, du canard ou foie gras, ou tout simplement coupé en petit dés dans une salade de mâche ou d’épinards.
Pour conserver les abricots on en fait des confitures, mais, dans les pays arabes et en Asie Centrale, on les transforme, deuis des siècles, en abricots secs pour avoir une réserve de nourriture l’hiver. Au Moyen-Orient on les faisait également confire. En Chine, berceau des abricots, on les fume et on les sale.
A ce propos, les Chinois cultivent certaines variétés d’abricots pour l’amande contenue dans leurs noyaux. Il en extraient une huile qu’ils utilisent en cuisine. Chez nous, l’huile d’abricot a plutôt un usage cosmétique pour avoir une peau douce et un geint éclatant. Un teint de pêche…grâce aux abricots !
L’abricot a, de plus,; des vertus nutritionnelles. Rappelons qu’il doit sa couleur orangée à sa teneur élevée en béta-carotène, molécule qui, dans notre organisme , se transforme en précieuse vitamine A. Deux gros abricots fournissent plus du tiers des apports journaliers recommandés en vitamine A. » Eric BIRLOUEZ (Ingénieur agronome français, sociologue, consultant. Professeur et écrivain sur l’alimentation et la sociologie des comportements alimentaires.)





» La roue des saisons moissonne les hommes
Dans un temps immobile où les collines
Toscanent dans la rondeur moelleuse des jours
Quand le père est parti les arbres ont versé
Des larmes de sève d’où éclosent les fleurs
La vie roule sans fin les galets du temps
Les abricots du cœur au verger d’amour
Sont des soleils confits dans la bouche du temps
Qui disent paix et joie aux amis de plein vent
Racines qui s’enfoncent dans le sol millénaire
Tous les arbres renaissent de leurs blessures
Seuls les fruits du bonheur transcendent la mort. » Jacques VIALLEBESSET (Écrivain et poète français – Extrait de son recueil Ce qui est épars )
Si ce n’est donc jamais qu’une chose petite, ronde, sous la portée presque sans pédoncule, durant autympanon pendant plusieurs mesures dans la gamme des orangés,






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