« J’entendais, en strophes discrètes,
Monter, sous un frais corridor,
Le Te Deum des pâquerettes,
Et l’hosanna des boutons d’or.… » Victor HUGO ( Poète, dramaturge français, romancier, dessinateur – Extrait de son recueil Chanson des bois et des rues )
» Ce nom populaire désigne en réalité plusieurs espèces de renoncules. En allemand, on surnomme le bouton-d’or Butterblume ( Fleur de beurre ) et en anglais Buttercup (Bol de beurre) car ses pétales jaunes et brillants réfléchissent sur la peau une lumière qui évoque celle du beurre.
Rapporté en France par les croisés, le bouton-d’or a toujours évoqué le luxe. Dans le langage des fleurs il signifie tu es radieuse et charmante, éblouissante, brillante.
Une légende en raconte l’origine mythologique : Ranonculus était un beau jeune homme, toujours brillamment vêtu de jaune et de vert, doué d’une voix mélodieuse et charmante. Un jour qu’il chantait pour un groupe de nymphes dans la forêt, il tomba en extase devant sa propre voix et mourut. Apollon, dieu de la Poésie et de la Musique, le transforma en la fleur que l’on connaît aujourd’hui.
Le bouton-d’or parvint en Amérique avec les conquérants du Nouveau Monde. Il y gagna au passage un nouveau surnom : yeux de coyote, faisant écho à une belle légende qui explique l’éclat jaune des prunelles de l’animal : les jeux crevés par un aigle, un coyote les recouvra sous la forme de pétales de boutons-d’or. » Nathalie CHAHINE ((Journaliste française, auteur de livres sur le bien-être)

P.S. : Cette fleur est aussi appelée gobet du diable en raison de ses propriétés toxiques. Une équipe de scientifiques de l’Université de Cambridge (Angleterre) dirigés par Beverly GLOVER , s’est penchée sur l’origine du reflet brillant du bouton-d’or. Le journaliste scientifique Sean BAILLY en a fait un résumé très explicatif : « On savait que la couleur jaune du bouton d’or est due à des pigments de la famille des caroténoïdes, qui absorbent la lumière bleue et verte. En étudiant les pétales au microscope électronique, l’équipe anglaise a montré que la couche la plus externe des pétales, l’épiderme, est formée de cellules plates contenant les pigments. Elle est séparée de l’endoderme (une couche plus profonde dénuée de pigments) par une mince lame d’air. La lumière incidente est en partie réfléchie et transmise sur chaque surface : la surface supérieure de l’épiderme, la surface inférieure de l’épiderme et la surface de l’endoderme. L’épiderme réfléchit la lumière dans une direction privilégiée tandis que l’endoderme, qui a un fort pouvoir de réflexion, diffuse la lumière vers l’extérieur dans toutes les directions. Comme les composantes bleue et verte de la lumière sont absorbées par les pigments, la lumière réfléchie par la surface de l’épiderme est légèrement dominée par le jaune, tandis que la lumière réfléchie plus en profondeur, davantage filtrée par les pigments, ressort intensément jaune. »

« L’aubépine fleurit ; les frêles pâquerettes,
Pour fêter le printemps, ont mis leurs collerettes ;
La pâle violette, en son réduit obscur,
Timide, essaye au jour son doux regard d’azur,
Et le gai bouton d’or, lumineuse parcelle,
Pique le gazon vert de sa jaune étincelle… » Théophile GAUTIER (Poète français, critique d’art, romancier – Extrait de son poème Le sentier – recueil Premières poésies/1830

« Petits soleils des prés
Pages d’été joyeux
Vous souriez
Pendant que les abeilles
Font leur métier d’abeille
En semant vos bébés « Marcel FAURÉ (Poète français)




« On parle souvent des roses, du muguet, des bleuets
Mais une petite fleur dont on ne parle jamais
Dans les prés, chaque année, pousse et pousse encore
C’est une renoncule qu’on appelle bouton-d’or
Une petite fleur aux cinq pétales d’or
Qui avec ses amies, brillent comme un trésor
Mettent de la gaieté dans les fossés, les champs
Pour le bonheur des yeux des petits et des grands
Allons nous promener ce beau matin d’été
Et cueillons pour Maman un beau et gros bouquet
De ces jolies fleurs jaunes comme le beurre ou le miel
Qui remplira son cœur de rayons de soleil
Et pour vous amuser, comme tous les enfants,
Sous le menton d’une sœur, d’un ami, d’un parent
Approchez cette fleur et s’il change de couleur
Dites-lui , simplement « Toi, tu aimes le beurre «
Sauvageonne si belle que tant de personnes aiment !
Il fallait un poème pour cette fleur suprême. « Maurice CARÊME (Poète belge)






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