» Une jeune fille est passée sous ma fenêtre. Elle vendait des primevères. J’en ai acheté de grosses bottes, je les ai délivrées de leurs liens si serrés et je les ai laissées s’étirer, se détendre les pauvres petites, dans une coupe bleu ciel où l’on met des primevères chaque année. En me penchant sur elles, j’ai vu leurs visages pâles et las me regarder de cet air perplexe et inquiet qu’ont parfois les petits enfants. On eut dit que le printemps était entré dans ma chambre, chantant très bas, tout bas …  » Katherine MANSFIELD (Écrivaine et poétesse anglaise

primevères

La primevère fait partie de la famille des primulacées ( genre primula : terme venant de primulus signifiant tout premier  ). Elle fleurit de février à mai. Elle est surnommée la fleur du coucou car elle le fait chanter dès les premiers jours du renouveau printanier.

On les trouve, sauvages, dans les prairies, les sous-bois, au bord de l’eau également, car elles aiment les endroits humides, mais elles se cultivent  et ornent magnifiquement bien les massifs, les potées et les jardinières des balcons.

On compte environ 400 variétés de primevères. Elles offrent un spectacle magnifique grâce à l’harmonie de leurs différentes couleurs  : blanc, bleu, rose, orange, jaune, prune, parme, violet, rouge. On note un intérêt pour cette fleur au XVe siècle avec le botaniste flamand, fondateur de l’horticulture : Jules Charles de L’Écluse ou de Lécluse)   qui en fit pousser dans les jardins. La Primula auricula (oreille d’ours)  est l’une de ses œuvres et la préférée de nombreux fleuristes pour leurs compositions florales. Son travail a permis à de nombreux horticulteurs ( notamment anglais ) de créer les premiers hybrides de cette fleur.

Jules Charles de L’Écluse dit en romain CLAUDIUS CLUSIUS
primevère oreille d'ours
Primevère oreille d’ours

Comme beaucoup de fleurs, la primevère a sa légende : on raconte que l’apôtre Saint Pierre devint le gardien du paradis à la mort de Jésus. Les clés de la porte étaient attachées à sa ceinture. Un jour qu’il dormait profondément, le trousseau tomba sur terre et les clés s’enfoncèrent dans le sol. On vit alors éclore une multitude de primevères d’un jaune éclatant  .

Une autre légende, venue de Norvège, relie cette fleur à Freyja, déesse de l’amour, de la sexualité, des plaisirs charnels et du bonheur. C’est une des raisons pour laquelle on l’a souvent qualifiée de fleur du libertinage. En Irlande, on les appelle fleur des fées car ces dernières les cueillaient pour en faire des philtres d’amour. La primevère  a  fleuri, par ailleurs,  les fêtes de fiançailles et mariages. Tout comme il arrivait que l’on glisse une fleur de primevère sous son corsage pour aller à un rendez-vous.

Les primevères ont un délicieux parfum . Elles furent autrefois utilisées pour faire des potages , et viennent apporter, de nos jours, dans les salades,  une touche de couleur et un petit goût sucré. En dehors de cela, la primevère dite officinale (sauvage)  a souvent été reconnue pour ses vertus médicinales.

PRIMEVERE officinale
Primevère sauvage

Sous Louis XV,  ses tisanes étaient préconisées contre le bégaiement. Quelques siècles plus tard, on la recommandait pour les douleurs rhumatismales, puis pour lutter contre la toux de la coqueluche ou de la bronchite, l’asthme et les allergies . Elle a, par ailleurs, des vertus sédatives : ses fleurs sont souvent utilisées contre le stress et le sommeil de l’enfant. Diurétiques, elles soignent aussi fort bien les infections urinaires.

De nos jours, on reconnait aux racines de cette fleur  des vertus intéressantes, similaires à celles de l’arnica pour lutter contre les ecchymoses, hématomes et coups. Ce qui est très intéressant compte tenu du fait que l’arnica se fait rare !

Son  langage des fleurs peut avoir différentes significations . D’une manière générale , elle symbolise  les émois des premiers désirs. Mais elle peut être offerte également pour symboliser une marque de tendresse.

Fleurs de primevère – George DUNLOP LESCLIE

 » Elle a disposé ses fleurs

Côte à côte et cœur à cœur.

Aucun gel ni vent du nord

Ne l’empêcheront d’éclore,

Pour assister, dans sa parure,

Au grand gala de la nature.

Sitôt qu’elle fleurit, le printemps frémit.

Elle est la première, c’est la primevère.  » Juliette DUMAS TILQUIN (Poétesse française)

Anne COTTERILL
Edwin LONG
John WAINWRIGHT

 » Coucou, Primevère, Coucou ! Tes fleurs jaune d’or brillent

Sous les premiers soleils printaniers.

Pour les Druides sacrée, et les Irlandais plante des fées,

De magie tu es entourée.

Des milles feux de l’amour, tu pares certains mariages ;

mais à d’autres tu prédis libertinage.

À chacun tu redonnes foi et espoir,

donnant souffle aux voies respiratoires

et inspiration aux peintres et écrivains.

Nul ne sait vraiment d’où tu viens,

Si du jardin de Flore , ou bien du paradis de Saint Pierre,

Mais une clé fantastique du détiens !

Celle de la joie qui revient, de la vie qui s’épanouit

Du mouvement qui ravit,

Et du chant qui réjouit des cœurs en harmonie.  » Sophie BÉDOURÉDE (Poétesse française)

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