» Quand ta voix céleste prélude
Au silence des belles nuits,
Barde ailé de ma solitude
Tu ne sais pas que je te suis !
Tu ne sais pas que mon oreille,
Suspendue à ta douce voix,
De l’harmonieuse merveille
S’enivre longtemps sous les bois!
Tu ne sais pas que mon haleine
Sur mes lèvres n’ose passer!
Que mon pied muet foule à peine
La feuille qu’il craint de froisser!
Ah! ces douces scènes nocturnes,
Ces pieux mystères du soir,
Et ces fleurs qui penchent leurs urnes
Comme l’urne d’un encensoir,
Et cette voix mystérieuse
Qu’écoutent les anges et moi,
Ce soupir de la nuit pieuse,
Oiseau mélodieux, c’est toi!
Oh! mêle ta voix à la mienne!
La même oreille nous entend;
Mais ta prière aérienne
Monte mieux au Ciel qui l’attend ! » Alphonse de LAMARTINE 1790/1869 (Poète français / Extrait de son recueil Harmonies poétiques et religieuses





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