» La gondole est une production naturelle de Venise, un être animé ayant sa vie spéciale et locale, une espèce de poisson qui ne peut subsister que dans l’eau du canal. La lagune et la gondole sont inséparables et se complètent l’une par l’autre. Sans gondole, Venise n’est pas possible. la ville est un madrépore dont la gondole est le mollusque. Elle seule peut serpenter à travers les réseaux inextricables et l’infinie capillarité des rues aquatiques. » Théophile GAUTIER (Extrait de son livre Italia/1852)


» En vérité la gondole est faite au pied de Venise. Nées de l’onde, l’une et l’autre. Je ne m’endors point, je n’ai point d’appui sur cette paix frémissante. La gondole, tout de même, n’est qu’un petit cercueil sur la mer. J’ai la sécurité d’un danger que je souhaite : la certitude, enfin, d’avoir quitté le monde. La séduction la plus puissante de Venise se révèle : loin d’être le calme, c’est l’indifférence à tout ce qui n’est pas un grand sentiment. » André SUARÉS (Extrait de son livre Le voyage du Condottiere / Vers Venise)


« Ils passèrent dans la gondole et ce fut , de nouveau, le même enchantement : la coque légère et le balancement soudain quand on monte et l’équilibre des corps dans l’intimité noire, une première fois, puis une seconde, quand le gondolier se mit à godiller, en faisant se coucher un peu la gondole sur le côté, pour mieux la tenir en mains…. » Ernest HEMINGWAY( Extrait de son livre Au-delà du fleuve et sous les arbres/1950)


» Sur les flots endormis de cette nier tranquille,
Debout comme un vaisseau sur son ancre immobile,
Voilà Venise ! — Allons ! De ces mille canaux
Qui, tels qu’un long serpent déroulant ses anneaux,
Rampent dans la cité, dont leurs ondes limpides
Viennent avec amour baiser les pieds humides,
Que la noire gondole effleure les détours,
Tandis que ma pensée, évoquant les vieux jours,
Sur le fleuve des ans, aux souvenirs fidèle,
Va s’élancer légère et rapide comme elle.… « Jacques-François ANCELOT (Poète français)

» Près du pont je me tenais
Récemment dans la nuit brune.
Du lointain venait un chant :
Gouttes d’or ruisselant
Sur la surface frémissante évanouies.
Gondoles, lumières et musique –
Ivres elles se perdaient dans le crépuscule…
Mon âme, un pincement sur les cordes,
Chantait pour elle, touchée invisiblement,
Une chanson de gondolier secrètement
Tremblante de félicité mêlée.
– Qui y prenait garde?… » Friedrich NIETZSCHE




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