» Si ma peinture représente fidèlement et sans raffinement excessif le caractère simple et vrai d’un lieu, si je réussis à donner sa propre vie à ce monde végétal, alors vous entendrez les arbres gémir sous le soleil, le vent de l’hiver, les oiseaux qui appellent leurs petits et pleurent après leur dispersion. On ne copie pas avec une précision mathématique ce que l’on voit, mais on ressent et on interprète un monde réel tout entier dont les fatalités vous retiennent. » Théodore ROUSSEAU

Théodore Rousseau (1812/1867)-Photo prise par Nadar aux environs de 1855

Le Petit Palais à Paris nous donne la possibilité d’aller à la rencontre d’un artiste qui, probablement, reste un peu méconnu aux yeux de certaines personnes . Et pourtant ce merveilleux peintre paysagiste, observateur méticuleux, réaliste, fut une figure symbolique et le le co-fondateur de l’École de Barbizon qu’il a créée avec son ami Millet, mais aussi Corot, Daumier, Dupré et Le Roux.

Cette exposition s’intitule La voix de la forêt – Théodore ROUSSEAU (jusqu’au 7 juillet 2024 ) – au travers d’une centaine de tableaux magnifiques provenant de musées internationaux comme le Musée du Louvre, Musée d’Orsay, Victoria et Albert Museum, National Gallery de Londres, Collection Mesdag de La Haye, Musée des Beaux-Arts de Strasbourg, Kunsthalle de Hambourg et collections particulières.

Théodore Rousseau fut un éminent paysagiste du XIXe siècle, aimant la vie très simple, la proximité avec le monde rural. On le voit comme le précurseur de l’impressionnisme. Ce contemplatif fut, en quelque sorte, un peintre écologiste. Un grand défenseur de la nature et de la forêt qui n’hésitait pas à rester des heures et des heures à les étudier dans leurs moindres détails et d’essayer d’en percer les mystères.

 » Paysage avec bosquet  » 1844 Théodore ROUSSEAU (Victoria et Albert Museum/Londres)
 » Le printemps  » 1852 Théodore ROUSSEAU (Musée du Louvre/Paris)
« Intérieur de forêt  » 1837 Théodore ROUSSEAU (Musée d’Orsay)
‘ » Mare au crépuscule  » 1850 env. Théodore ROUSSEAU (Collection particulière)
 » La mare près du dormoir  » 1850 env. Théodore ROUSSEAU (Collection particulière)
‘ Une avenue en forêt à l’Isle d’Adamé  » Théodore ROUSSEAU (Musée d’Orsay/Paris)

Un homme très discret, déterminé, appliqué, qui n’a jamais douté de sa façon de voir la nature. Il a peint ses émotions, ses ressentis, son intuition, face à toutes les variations de lumière qui se sont présentées à lui dans ces décors naturels. On peut dire qu’il a fusionné avec la nature. Ses tableaux sont magnifiques, empreints de sensibilité et de poésie.

Baudelaire disait de lui au travers de ses tableaux :  » Il y mêle beaucoup de son âme, comme Delacroix un naturaliste entraîné, sans cesse, vers l’idéal  » . Durant toute sa carrière, Rousseau fut beaucoup admiré, énormément critiqué, voire méprisé aussi. On lui a reproché son indépendance artistique et la complexité de son art à savoir réaliste et romantique à la fois.

Le Salon officiel fut la seule, ou du moins la plus importante, exposition annuelle de Paris. Rousseau réussira à y être admis trois fois, mais on le refusera, malheureusement aussi, à diverses reprises. Il l’a été tant de fois, qu’on a fini par le surnommer le grand refusé du Salon officiel. Ce fut une période infiniment difficile pour lui . La raison évoquée, le plus souvent, était qu’il ne finissait pas ses tableaux. C’est surtout qu’il n’était jamais satisfait du rendu d’un tableau. Il pouvait rester sur la même toile durant des heures et des heures, voire des jours, à la reprendre pour tenter d’obtenir ce qu’il voulait réellement.

« Théodore Rousseau, le bafoué, le proscrit, l’excommunié, le paria du jury, celui que, pendant quinze ans, des haines systématiques ont tenu éloigné du public et muré en quelque sorte dans son talent comme dans une tour ». Théophile GAUTIER

Cette prise de position ne l’aura jamais empêché finalement de faire carrière comme il l’entendait, et d’acquérir une belle réputation. Une reconnaissance, certes tardive (1855), mais couronnée de succès.

La lumière a occupé une place prépondérante dans son œuvre. Elle même été une obsession dans le sens où il n’a eu cesse de vouloir se lancer dans toutes sortes d’expériences la concernant, tenaillé par une envie de la rendre aussi vraie que nature dans ses toiles.

 »La lumière répandue sur une œuvre, c’est la vie universelle. C’est le trait distinctif de l’art. Sans la lumière il n’y a pas de création.  » T.R.

Il est né en 1812 à Paris, fils de Pierre et Adélaïde, tailleurs natifs du Jura. Ses parents le voyaient devenir ingénieur. Lui, comme plusieurs autres paysagistes de la famille, souhaitait être peintre. Premiers pas dans ce domaine, en 1819, auprès d’un cousin de sa mère , puis avec Guillaume Léthière, professeur à l’École des Beaux-Arts.

Après quoi, il rejoindra, en 1827, l’atelier d’un peintre paysagiste classique, Charles Rémond. Ce dernier, Prix de Rome, souhaitait que ses élèves reçoivent, eux aussi, cette célèbre et prestigieuse distinction. Une envie qui n’entrait absolument pas dans les projets de Rousseau.

Il va beaucoup voyager en France et traverser de nombreuses régions : Auvergne, Berry, Jura, Picardie, Normandie, Vendée, Pyrénées, avec, à chaque fois, la découverte de nouveaux espaces verdoyants, une lumière qui le séduit, une météo changeante, des ciels superbes, des perspectives majestueuses. Tout autant d’endroits qui vont confirmer son désir de peinture.

En 1830 il rompra définitivement avec l’académisme. Six ans plus tard, après un refus du Salon officiel, il fuira la ville, l’agitation urbaine et la révolution industrielle, pour s’installer non loin de la forêt de Fontainebleau, à Barbizon, un havre de paix. Il sera, très vite, rejoint par d’autres comme Jean-François Millet (qui deviendra son ami) , Diaz, Corot, Dupré, Le Roux, Daumier, Hervier, Troyon, D’Aubigny, et fondera avec eux la célèbre École de Barbizon. Ce sont des autodidactes, que l’on va surnommer Les bizons de la forêt , avec des personnalités très différentes les unes des autres, des peintres passionnés par la nature. Elle a représenté pour eux une sorte de refuge.

Son atelier dans sa maison de Barbizon au 55 Grande Rue

Il va trouver son inspiration dans la nature environnante et surtout dans la forêt de Fontainebleau. Sa passion : se poser à un endroit, observer minutieusement les moindres détails, remplir son carnet de nombreux dessins et autres esquisses, puis rentrer dans son atelier afin de réaliser, d’après eux, ses si beaux tableaux.

Il a eu une passion pour les arbres et il a aimé leur parler. On dit même qu’il les écoutait : «  j’ai entendu la voix des arbres, les surprises de leurs mouvements. Leurs variétés de formes et même leur particularité d’attraction vers la lumière, m’avaient soudain révélé le langage de la forêt. Tout ce monde de flore vivait en muet dont je devinais les signes, dont je découvrais les passions. Je voulais converser avec eux et pouvoir me dire, à travers cet autre langage qu’est la peinture, que j’avais mis le doigt sur le secret de leur grandeur. »

 » Étude de troncs d’arbres  » 1833 Théodore ROUSSEAU (Musée des Beaux-Arts de Strasbourg)
 » Les chênes d’Apremont « 
 » Sortie de forêt à Fontainebleau » 1848/50 Théodore ROUSSEAU (Musée du Louvre/Paris)

Un jour , pour des raisons financières, l’État français prit la décision d’abattre des arbres (chênes) centenaires en forêt de Fontainebleau et les remplacer par des pins. Devant cet abattage massif et désolant, Rousseau et autres artistes présents sur place, entrent en guerre contre ces destructions. Ils résistent, s’organisent, arrachent la nuit les jeunes pins qui viennent d’être plantés, se révoltent.

En 1839, leur révolte est écoutée. Louis Philippe Ier interdit l’abattage des chênes. Ce geste n’arrêtera pas le combat des révoltés. Du coup, en 1861, un décret protègera enfin une grande partie de la forêt ( environ 624 hectares). Avec d’autres artistes concernés par les mêmes aspirations de sauvegarde de la forêt de Fontainebleau, il réussira à obtenir en 1853, la première réserve naturelle botanique et paysage créée par l’Administration des eaux et forêts.

En 1872, les coups de hache reprennent en forêt de Fontainebleau . Rousseau n’est plus de ce monde, mais le combat reprend avec d’autres personnalités de poids, qui ont soutenu les bizons , comme George Sand ( déjà là au départ) et Victor Hugo. Tous deux écrivent dans des tribunes pour justifier leur combat.

«  Un arbre est un édifice, une forêt est une cité et entre toutes les forêts, la forêt de Fontainebleau est un monument. Ce que les siècles ont construit, les hommes ne doivent pas le détruire.  » Victor HUGO

 » Le dépecer, ce monument qu’est la forêt, le vendre, c’est l’anéantir, et je n’hésite pas à jurer que c’est là un sacrilège. L’État qui représente l’ordre et la conservation détruit et menace les grandes œuvres du temps et de la nature. Les grands végétaux sont des foyers de vie qui répandent au loin leurs bienfaits. Supprimer leurs émanations, c’est changer de manière funeste les conditions atmosphériques de la vie humaine. Tout le monde a droit à la beauté et à la poésie de nos forêts et de celle-là en particulier. La détruire serait, dans l’ordre moral, une spoliation, un attentat vraiment sauvage qui fait de celui qui n’a rien que la vue des belles choses, l’égal, quelquefois supérieur , de celui qui les possède  » George SAND (Extrait du plaidoyer qu’elle fit paraître dans la revue Le temps)

Auprès de la forêt qui avait besoin d’être protégée, Rousseau et ses amis ont été épaulés par d’autres encore comme Musset, Liszt, Michelet, Chopin, les Frères Goncourt, Balzac, Flaubert, Gautier et tant d’autres !

Celui que l’on surnommait le célibataire des bois a été fiancé à la fille adoptive de son ami George Sand, Augustine. Leur rupture a été très douloureuse pour lui. Après quoi il s’est épris d’une certaine Élisa Gros, mais n’a jamais régularisé leur relation. Elle souffrait de démence assez grave et lui fera vivre un enfer.

Atteint d’une hémorragie cérébrale, il devient hémiplégique, quasi aveugle, et ne pouvait plus se déplacer. Il meurt en 1867. Il sera enterré au cimetière de Chailly. Sa compagne le rejoindra deux mois plus tard.

Sa tombe

Je voudrais aussi signaler une autre exposition consacrée à Théodore Rousseau. Il s’agit de celle du Musée Départemental des Peintres de Barbizon (92 Grande Rue – 77630 Barbizon) – Elle s’intitule Se souvenir de Théodore Rousseau  » jusqu’au 16.6.2024

13 réponses à « La voix de la Forêt – Théodore ROUSSEAU … Petit Palais à Paris »

  1. Una profonda bellezza in cui addolcire lo sguardo e lo spirito

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    1. Avatar de Lisa Pascaretti
      Lisa Pascaretti

      Assolutamente ! Emana una grande poesia della pittura di Rousseau, il quale riesce a trasportarci in questo misterioso e bellissimo universo intenso della foresta – Grazie per il tuo interesse Willy

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  2. Merci Lisa de m’avoir permis de découvrir ce peintre dans son oeuvre, majestueuse dans sa simplicité et son réalisme, et sa personnalité qui me touche. Ce matin sur France inter on évoquait également cette expo. Dommage ! Mon activité intense en ce moment ne va pas me permettre de monter à la capitale. Nous aurions bien besoin de plein de Rousseau et de bisons de Barbizon pour mettre un peu de douceur à notre monde qui part en vrille. Déconnecté.

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      Lisa Pascaretti

      Merci beaucoup pour votre message Solange et pour avoir apprécié ce peintre merveilleux et si attachant. Je trouvais qu’il était important de parler de lui, d’une part parce que ce n’est pas si fréquent qu’on le fasse, et d’autre part parce que d’ici peu on fêtera les 150 ans de la première expo impressionniste et Rousseau a été, avec les autres artistes de Barbizon, un des précurseurs de ce mouvement. Je valide complètement vos propos quant au fait que, dans l’époque si tourmentée que nous traversons, il est bon de s’évader un peu avec ces artistes qui nous apportent la douceur qui manque à notre monde actuel. Passez un beau week-end ! 🎨🌳

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  3. Merci beaucoup pour cet article dans lequel vous nous avez parlé de ce merveilleux peintre Théodore Rousseau de sa vie et de son œuvre impressionnante qui m’a rappelé le peintre roumain Nicolae Grigorescu et son lien avec Barbizon. Nicolae Grigorescu réalise les premières peintures représentant des aspects de la nature, s’intéressant à la création plastique de Jean-Baptiste Camille Corot. Se trouvant à Barbizon au milieu d’un célèbre groupe de paysagistes, le pittoresque village de Barbizon, qui surplombait la majestueuse forêt de Fontainebleau ainsi que la plaine, lui fournissait les éléments picturaux nécessaires : les étangs et les arbres imposants, les clairières et les rochers massifs. Cette réalité bucolique a déclenché un ressort intérieur qui vibrait en parfaite harmonie avec la nature poétique de son pays, la Roumanie. Plus d’informations et d’images sur :
    https://ro.wikipedia.org/wiki/Peisaje_realizate_de_Nicolae_Grigorescu_la_Barbizon#Opera
    Je vous souhaite une superbe fin de semaine!

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    1. Avatar de Lisa Pascaretti
      Lisa Pascaretti

      Il m’est agréable de savoir que vous avez apprécié mon article sur Rousseau et je vous remercie non seulement pour cela mais également pour avoir fait référence à Nicolae Grigorescu qui lui aussi, bien avant les impressionnistes, a fait partie de ceux qui ont défendu la peinture en extérieur. D’ailleurs, il fut l’un des premiers à le faire dans son pays natal. Il me semble qu’il avait fait l’objet d’une exposition à Barbizon il y a une douzaine d’années et c’était là une formidable initiative que d’avoir permis à beaucoup de personnes d’apprécier sa peinture. Il y a beaucoup de luminosité, de poésie dans ses tableaux, de délicatesse aussi et une grande sensibilité. Merci encore d’en avoir parlé !🎨

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      1. Merci beaucoup pour ce commentaire et aussi pour votre appréciation du tableau de Grigorescu. L’école de Barbizon a attiré des peintres d’Angleterre, de Suisse, de Belgique, de République Cehia, de Hongrie et des États-Unis, qui ouvriront la voie à l’impressionnisme comme vous l’avez bien noté. Nicolae Grigorescu a passé 8 ans à Barbizon, années déterminantes pour son œuvre, profitant pleinement de la rencontre avec les peintres qui vivaient à Barbizon. Les peintures en plein air – paysages de Barbizon, forêt de Fontainebleau ou scènes quotidiennes du travail des champs – seront en effet des thèmes que l’artiste reprendra et affinera tout au long de sa vie.
        En effet, en 2006, je pense, il y a eu une exposition monographique consacrée à Grigorescu en France, fruit d’une heureuse collaboration entre le Musée National d’Art de Roumanie et deux Musées Français, une exposition qui s’est concrétisée grâce aux efforts de deux cœurs conservateurs, Marie-Dominique Nivière du Musée des Beaux-Arts d’Agen et Marie Thérèse Caille du Musée départemental de Barbizon.
        Nicolae Grigorescu est l’un de mes peintres préférés et j’adore ses tableaux pleins de lumière, de poésie, de sensibilité et de délicatesse (comme vous l’avez noté 💖) que j’ai remarqué dans ses portraits aussi. Étant un observateur profond du jeu de lignes et de couleurs que font les formes dans l’espace, il s’est senti attiré par le mystère de la figure humaine, en particulier par les figures pensantes, pensant discrètement, qui portent la lumière d’une contemplation, essayant de reproduire un visage vivant, d’une âme, extrayant cette lumière des profondeurs mystérieuses de la vie et la diffusant sur toute la figure.
        Je vous souhaite tout le meilleur pour vous et une belle soiree !

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      2. Avatar de Lisa Pascaretti
        Lisa Pascaretti

        Je vous remercie infiniment pour ce message Georgeta J’apprécie beaucoup que mes abonnés aient la liberté de pouvoir exprimer leurs ressentis et qu’ils m’apportent leurs connaissances vis-à-vis d’un artiste cher à leur cœur comme vous l’avez si bien fait avec celui-ci. Ce sont des échanges précieux ! ♥

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  4. Merci bcp pour la présentation de cet artiste en vedette au Petit Palais ! Toujours très complet ! Bonne continuation 😉

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    1. Avatar de Lisa Pascaretti
      Lisa Pascaretti

      Avec grand plaisir Tatoune 😃 Merci pour votre intérêt et vos mots qui me touchent. Passez un beau dimanche 🎨

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  5. Ohhhh, je suis contente de vous retrouver, car je ne voyais plus vos publications, wordpress me disait que votre blog n’existait plus.

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    1. Avatar de Lisa Pascaretti
      Lisa Pascaretti

      Et c’était exact … Il m’a fallu couper pour raison de santé et prendre soin de moi durant quelques mois. Je suis ravie de vous retrouver aussi, c’est un plaisir ! Merci de votre si gentil message chère Audrey ♥

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