» Zurbaran donne une vraisemblance à sa peinture par la volonté de conférer une vérité à son œuvre.  » Charlotte CHASTEL-ROUSSEAU (Conservatrice en chef du département des peintures au Louvre, commissaire de l’expo)

 » Portrait de Francisco de Zurbaran  » 1798 Francisco de GOYA (Musée du Louvre/Paris)

Le Musée du Louvre à Paris nous propose, en collaboration avec la National Gallery de Londres et l’Art Institute de Chicago, une très belle exposition sur un peintre magnifique, doté d’une certaine modernité, un prodigieux coloriste au naturalisme saisissant, un brillant portraitiste, peintre du Siècle d’Or espagnol , à savoir : Francisco Zurbaran, grand ami de Vélasquez.

Petit rappel : le Siècle d’Or espagnol se situe entre 1492 et 1681 . Ce fut une période durant laquelle l’art rayonnait merveilleusement dans ce pays, notamment la littérature, la musique, la peintre, la poésie et le théâtre.

Les œuvres de Zurbaran sont assez imposantes, poignantes, mystiques, inspirées, raffinées, virtuoses, pleines de grâce et de dévotion, empreintes de magnifiques jeux de lumière. Son clair-obscur lui vaudra le surnom de Caravage espagnol . Il fut un peintre fort apprécié, expressif, réputé pour son grand sens du détail, son rendu sublime des costumes, du drapé, sa puissance chromatique .

 » Sainte Casilda  » 1635 Francisco de ZURBARAN (Museo nacional Thyssen-Bornemisza à Madrid)
 » L’archange Gabriel  » 1631/32 Francisco de ZURBARAN (Musée Fabre/Montpellier)
 » Sainte Élisabeth  » 1635 Francisco de ZURBARAN (Musée du Prado/Madrid)
 » Sainte Dorothée  » 1635 / 40 Francisco de ZURBARAN (Musée des Beaux-Arts /Séville)
 » Sainte Apolline  » 1638 Francisco de ZURBARAN (Musée du Louvre/Paris)

Il connaitra le succès mais finira, malheureusement dans l’indifférence, pauvre et oublié. Son style mystique tant apprécié autrefois, ne sera, un jour plus à la mode, et on va lui préférer Esteban Bartolomé Murillo. Il faudra attendre le XIXe siècle pour qu’on le réhabilite , que l’on reconnaisse, à sa juste valeur, la puissance de son œuvre.

L’expo s’intitule : ZURBARAN – jusqu’au 25.1.2027 (Hall Napoléon Musée du Louvre ) – 65 œuvres y sont présentées dont une cinquantaine de Zurbaran. Il y a même un espace consacré à son fils, Juan, peintre lui aussi et décédé de la peste bucolique à l’âge de 29 ans.

Avec son fils ils vont peindre beaucoup de bogedônes à savoir des tableaux représentants des aliments, des fruits, des légumes notamment, et qui plaisaient beaucoup avec les floreros (fleurs) . On peut dire que Zurbaran père a fait évoluer ce genre en Espagne.

 » Fleurs et fruits dans un bol de porcelaine  » 1650 env. Juan de ZURBARAN (The Art Institute/Chicago)
 » Assiette de raisins  » 1639 Juan de ZURBARAN (Collection particulière)
 » Nature morte aux citrons, oranges, et rose  » 1633 Francisco de ZURBARAN ( Simon Norton Museum/Pasadena)
 » Nature morte aux cruches  » 1650 env. Francisco de ZURBARAN (Museu nacional d’art de Catalunya/Barcelone)

Zurbaran est né en 1598 à Fuente de Cantos (Province de Badajoz région de l’Estrémadure en Espagne ) dans une famille de commerçants. Il montrera, dès l’adolescence, de réelles compétences pour la peinture. On l’enverra donc à Séville pour sa formation. C’est ainsi que durant trois ans, de 1614 et 1617 il va suivre un apprentissage auprès de Pedro Diaz de Villanueva, un peintre spécialisé dans les ornements et peintures religieuses. Son amitié avec Velasquez remonte à cette époque .

On peut dire que sa carrière va véritablement commencer en 1628 avec une commande du Couvent de la Merci à Séville, soit 22 tableaux retraçant la vie de Saint Pierre Nolasque. Il peint des portraits du Christ, de la Vierge, des Saints, des martyrs, mais aussi des natures mortes.

Le premier tableau qui attirera toute l’attention, sera Le Christ en croix (Crucifixion) , commande du couvent dominicain de San Pablo el Real à Séville . Il sera alors loué, courtisé, recevra d’autres commandes par la suite, beaucoup venues d’Ordres monastiques et autres congrégations religieuses, qui appréciaient beaucoup ses œuvres monumentales, son côté austère, intense, dramatique, sa spiritualité . On le surnommera le peintre des moines.

 » Crucifixion « 1627 Francisco de ZURBARAN (The Art Institute/Chicago)
 » Le Christ en croix avec un peintre  » 1658/1660 Francisco de ZURBARAN (Museo Nacional del Prado / Madrid) – Il semblerait que le peintre soit Zurbaran représentant Saint-Luc en peintre devant la Crucifixion)
 » Saint Séropion  » 1628 Francisco de ZURBARAN (Wadworth Atheneum / Hartford États-Unis)
 » La Vierge enfant en extase  » 1632/33 Francisco de ZURBARAN ( The Art Institute / Chicago)
 » L’immaculée Conception  » 1661 Francisco de ZURBARAN (Museum of Fine Arts/ Budapest)
 » L’annonciation  » 1638 / 39 Francisco de ZURBARAN (Musée de Grenoble/Grenoble)
 » L’adoration des bergers  » 1638 Francisco de ZURBARAN (Musée de Grenoble/Grenoble)
 » Jésus et Marie à Nazareth  » 1640 env. Francisco de ZURBARAN (Clevelend Museum/Cleveland)
« Saint François  » 1636 Francisco de ZURBARAN (Musée des Beaux-Arts/Lyon)
 » Saint Bonaventure et l’Ange  » 1628/29 Francisco ZURBARAN (Gemäldegalerie/ Dresde)

Pendant que Velasquez fera carrière à Madrid, pour Zurbaran ce sera Séville. En 1623 il sera appelé au Palais de Buen Ritiro dans la capitale espagnole, pour des décors, probablement grâce à son ami qui était alors peintre du roi. A la Cour, il rencontrera des peintres italiens qui, petit à petit, vont l’éloigner quelque peu de son ténébrisme et caravagisme initial. Sa palette se fait plus subtile, s’éclaircit.

Mais l’atmosphère de la capitale et la vie à la Cour ne lui conviendront pas à cet homme que l’on disait très renfermé et discret. Il préfèrera rentrer à Séville et se remettra à son travail sans relâche.

Il s’est marié jeune à 19 ans avec Maria Paez qui avait une trentaine d’années. Elle lui donnera trois enfants : Maria, Juan, Isabel et décèdera en mettant au monde sa seconde fille. En 1625 il se remariera avec une femme de dix ans de plus que lui , Beatriz de Morales, une riche veuve avec laquelle il aura une autre fille, Geronia, qui mourra en bas âge.

En 1639, son épouse décède. Il se remettra difficilement de ce perte et traversera une période compliquée car il fait face à de nombreux problèmes de succession avec ses enfants nés de sa première union. Il se remarie en 1641 avec Mariana de Quadros qui mourra peu de temps après leur union. A 46 ans, en 1644, nouveau mariage avec une jeune femme de 28 ans, Leonor de Tordora Ils auront six enfants : Micaela, José Antonio, Juana, Marco, Eusebio et Augustina.

Il va rencontrer beaucoup de hauts et de bas dans sa vie de 1640 à 1650 notamment en raison du fait qu’il y avait de la concurrence à Séville, mais aussi qu’on ne le trouvait plus tellement à la mode. On va lui préférer la douceur picturale de Bartolomé Esteban Murillo. Il aura alors des gros problèmes d’argent du fait que les commandes n’arrivaient plus et qu’il en avait fortement besoin parce qu’il lui fallait nourrir sa grande famille. En conséquence, il partir en 1658 à Madrid pour tenter la protection de la Cour et surtout celle de son ami Diego Velazquez.

Malheureusement, malgré tout son talent et sa réputation passée, il ne réussira pas à obtenir le succès et les commandes qu’il espérait. Il décèdera en août 1664 .

 » Agneau  » de Francisco ZURBARAN a été peint entre 1635 et 1640 (Museo nacional del Prado/Madrid) -Il existe plusieurs versions (série Agnus Dei) , mais la plus célèbre est celle du Prado. C’est un tableau religieusement symbolique, dans lequel ‘agneau représente le Christ qui s’est sacrifié

Votre commentaire

Tendances