Liesbestraum est l’un des trois Nocturnes pour piano réunis dans un recueil qui fut publié en 1850.

C’est une pièce très célèbre, du répertoire de cet instrument , bien plus que ne le sont d’ailleurs les deux autres. Elle fut inspirée au compositeur par le poème de Ferdinand Freiligrath, dédiée à celle qui fut sa compagne, Marie d’Agout, et composée à une époque où il était très souvent séparé d’elle par ses concerts.

C’est une pièce harmoniquement complexe, virtuose, dans l’émotion, pleine d’espoir, troublante, de finesse, de délicatesse, et d’amour bien sur !

Je vous propose deux versions que j’aime beaucoup, celle assez poétique d’Arthur RUBINSTEIN et celle plus profonde, pleine de nuances, du merveilleux lisztien Jorge BOLET.

(Vidéo : Jorge BOLET au piano)
(Vidéo : Arthur RUBINSTEIN au piano)

 » Ô amour, aussi longtemps que tu peux aimer !
Ô amour, aussi longtemps que tu peux aimer !
L’heure viendra, l’heure viendra,
Où tu te tiendras près des tombes et te lamenteras !

Et veille à ce que ton cœur rayonne
Et chérisse et porte l’amour,
Aussi longtemps qu’un autre cœur
bat encore ardemment d’amour pour le rencontrer !

Et quiconque t’ouvre son cœur,
ô fais pour lui ce que tu peux, par amour !
Et fais de chaque heure une heure joyeuse pour lui,
Et ne fais d’aucune heure une heure sombre pour lui !

Et garde bien ta langue,
Bientôt une parole mauvaise est prononcée !
Ô Dieu, ce n’était pas dit méchamment, –
Mais l’autre va se lamenter.

Ô amour, aussi longtemps que tu peux aimer !
Ô amour, aussi longtemps que tu peux aimer !
L’heure viendra, l’heure viendra,
Où tu te tiendras près des tombes et te lamenteras !

Alors tu t’agenouilleras près de la tombe
, et cacheras tes yeux, ternes et humides,
– ils ne reverront plus jamais l’autre –
dans la haute herbe humide du cimetière.

Et vous dites : Ô Dieu, regarde-moi, moi
qui pleure ici sur ta tombe !
Pardonne-moi de t’avoir offensé !
Ô Dieu, ce n’était pas par malice !

Mais il ne te voit ni ne t’entend,
il ne vient pas t’embrasser joyeusement ;
la bouche qui t’a si souvent embrassé ne parle
plus jamais : Je t’ai pardonné depuis longtemps !

Il t’a pardonné depuis longtemps,
pourtant tant de larmes brûlantes ont coulé
pour toi et pour tes paroles dures –
mais pourtant – il repose en paix, il a atteint son but !

Ô amour, aussi longtemps que tu peux aimer !
Ô amour, aussi longtemps que tu peux aimer !
L’heure vient, l’heure vient,
où vous vous tenez près des tombes et vous lamentez
.  » Poème de Ferdinand FREILIGRATH (Écrivain, poète et traducteur allemand)

 » Portrait de Ferdinand Freiligrath  » 1851 – Johann Peter HASENCLEVER

Votre commentaire

Tendances