» Il croule presque sous le poids des poires mûres,
d’être si garni.
Il gémit au vent d’automne, appelle à une délivrance
de ses tourments.
C’est qu’il n’était pas apprécié du temps de la floraison
dans le bonheur des bruissements
plein de candeur de mars comme aujourd’hui avec ses fruits
gorgés d’odeurs sucrées.
Et on va le secouer, jure l’agriculteur,
à en remplir à la file sacs et paniers
par des mains adroites.
Ils Seront tous comblés et joyeux
ceux qui habitent le même toit que lui.
Les fruits étalés, on va les cuire
dans un chaudron en cuivre.
Les flammes chaufferont le tout.
En l’honneur de l’aïeul qui a planté l’arbre,
et pour le remercier, on placera
sur sa tombe dans un vase décoré
les dernières fleurs du jardin. » Johannes KÜHN 1934/2023 ( Poète allemand – Extrait de son recueil A qui appartient ce long cortège de nuages blancs – Aux Éditions CHEYNE dans la collection D’une voix à l’autre / Traduction de l’allemand en français par Joël VINCENT / )






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