Richard WAGNER 1813/1883 (Photo de Pierre PETIT)
(Vidéo : Prélude / Carlos KLEIBER à la direction de l’orchestre : STAATSKAPELLE DRESDEN )

Tristan et Isolde est un opéra en trois actes, composé entre 1856 et 1859, créé à Munich en 1865. C’est le compositeur qui rédigera le livret, puisant son inspiration dans la légende médiévale bretonne  du poète allemand Gottfried Van Strassburg (1210). Une histoire d’amour sublimée par la mort. Un sujet qui n’a certainement pas été choisi de façon anodine par Wagner lorsque l’on connaît celle que lui-même a vécu , en parallèle, avec une femme mariée, qui lui sera  » interdite « , mais qui restera la muse de cette œuvre lyrique .

Il a, pour autant, profondément remanié cette légende, en écartant, tout d’abord,  tout ce qui pouvait apparaître, à ses yeux, comme superflu pour en faire un drame musical rigoureux sans omettre, toutefois,  l’émotion. Le philtre magique de Van Strassburg est à la base de l’amour entre Tristan et Isolde : ils s’aiment sans se le dire et le philtre va leur révéler et conforter leur amour . Chez Wagner, le philtre n’a plus la magie de la légende, mais il apparaît comme  le symbole de leur amour. Par ailleurs, le compositeur   va davantage se tourner vers le désir inaccessible, la  passion, l’intime,  aussi, sans oublier le devoir, la trahison, la mort , cette mort qui sera l’aboutissement de l’amour.

L’homme d’affaires Otto Wesendonk était, à l’époque le mécène de Wagner . Il était marié à Agnès Mathilde  Luckemeyer , une poétesse avec laquelle il aura cinq enfants . De son côté, Wagner avait pour épouse Minna Planner. Installé en Suisse, non loin de la résidence des Wesendonk, il va entretenir un lien très fort avec Mathilde, basé sur une grande  entente intellectuelle et artistique : elle écrit des poèmes qu’il met en musique.  Celle de l’un d’entre eux ,Traüme, sera du reste l’inspiration de   la musique de l’acte II ) – Pour autant qu’on le sache , ils ne furent pas amants. Cette relation, platonique mais profondément passionnée, lui fait du bien,  le stimule dans son travail. De  plus, la jeune femme le soutient, et   l’encourage beaucoup dans l’écriture de cet opéra

Mathilde WESENDONCK – Portrait de Karl Ferdinand SOHN

Durant l’année 1858, Minna deviendra suspicieuse vis-à-vis de cette « amitié » et pense qu’ils sont réellement amants. Devant les tensions et les menaces, il quitte la Suisse avec elle et s’installe à Paris où il poursuit la composition de Tristan et Isolde. Quelques mois plus tard, ils reviennent. C’est à cette époque qu’elle trouve des petits mots échangés entre son époux et Mathilde, qui sont la preuve des sentiments très fort qu’ils éprouvent . Scandale. Le mari est mis au courant, explication houleuse entre les deux hommes. L’histoire prend fin. Exit Mathilde … Wagner et Minna repartent pour Paris . Sitôt rentrée, elle prend la décision de se séparer de lui, se rend à Zurich, règle la facture des impayés du compositeur et retourne définitivement auprès de sa famille en Saxe.

Lorsqu’il aura terminé son opéra, Wagner aura à cœur de voir sa création sur scène. Paris sera écarté en raison de l’échec de son Tannhaüser . Son premier choix sera  Vienne, mais tout va très mal se passer : malgré un nombre incroyable de répétitions, chanteurs et orchestre vont être dans l’incapacité de l’interpréter correctement – Tout est annulé ! Wagner est profondément déçu, se tourne vers Munich et plus particulièrement Louis II de Bavière, un passionné de musique qui accepte de devenir le mécène du compositeur. Tristan et Isolde verra enfin de jour au Théâtre Royal  de Munich en Juin 1865.

Malheureusement, le public  restera dans l’incrédulité totale. Il n’appréciera absolument pas, d’une part l’œuvre , très longue,  et d’autre part il ne comprend absolument pas la musique. Ce n’est pas tant le fait qu’elle soit, en effet, infiniment novatrice et révolutionnaire qui fut mis en cause, mais plutôt le fait qu’elle soit complètement à l’opposé des règles régies par la tradition.

Même si pour toutes ces raisons elle a pu être dérangeante à une certaine époque,  même si, en effet, elle reste très difficile d’interprétation pour celles et ceux qui en sont les héros, elle est d’une beauté impressionnante, émotionnelle , exaltante, intense, enflammée, raffinée, mystérieuse, en clair-obscur, délicate. Au travers de ses incroyables textures harmoniques, Wagner a parfaitement su maîtrisé les sentiments des amants, leur impatience à s’aimer, leurs souffrance surtout.

(Vidéo :  » Liebestod –  » Mild un leise wie er lachelt  » – Waltraud MEIER (Mezzo-Soprano) // Direction de l’orchestre : Daniel BARENBOIM )

 » Ainsi nous mourrions
pour n’être plus séparés,
éternellement unis,
sans fin,
sans réveils,
sans crainte,
oubliant nos noms,
embrassés dans l’amour,
donnés entièrement l’un à l’autre
pour ne plus vivre que l’amour !
 ( Acte II Tristan & Isolde/ Richard WAGNER )

 » Tristan et Isolde  » un tableau de Rogelio De EGUSQUIZA

4 réponses à « Tristan & Isolde … Richard WAGNER »

  1. C’est lui aussi qui écrivait les livrets ?

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    1. Avatar de Lisa Pascaretti
      Lisa Pascaretti

      Absolument ! Il tenait à s’occuper de tout … Merci Frédéric ♥🎵

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  2. Un grand compositeur que j’affectionne dans certaines de ses oeuvres ! Je reconnais qu’il est différent de la majorité de ses collègues, mais sa personnalité me convient.
    Belle journée ensoleillée Lisa ☀️

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    1. Avatar de Lisa Pascaretti
      Lisa Pascaretti

      Grand en effet ! Son but fut de réunir en un seul art la musique, la poésie, le chant et la danse. En cela il fut tout autant aimé que critiqué, mais il n’en reste pas moins un compositeur, un chef, un librettiste et un théoricien talentueux. Merci chère Evelyne ♥🎵

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