
« L’olivier serait né dans le bassin méditerranéen, mais les archéologues pensent qu’il a été domestiqué plusieurs fois, de façon indépendante, dans différentes régions de ce bassin. Les toutes premières cultures auraient été pratiquées il y a six mille ans, sur la rive est de la Méditerranée, à partir d’un buisson épineux sauvage nommé oléastre.
Puis l’olivier aurait voyagé. Il aurait été apporté en Provence par les Phocéens, ces colons grecs qui ont fondé Massalia, la future Marseille, vers 600 avant J.C.
Les anciens pensaient, à juste raison, que l’olivier avait une origine sacrée, divine. En effet, dans la Grèce antique, l’olivier était un arbre respecté et protégé. Son bois était réservé à la fabrication des statues de culte. Un mythe grec raconte l’origine sacrée attribuée à l’olivier : à ma gauche Poséidon, dieu de la mer. A ma droite Athéna. Deux divinités qui se querellaient pour obtenir la souveraineté sur l’Attique, la région d’Athènes. Pour départager les rivaux, les autres dieux décidèrent d’organiser un concours. Le vainqueur serait celui, ou celle, qui offrirait à l’humanité le plus utile des cadeaux.
Poséidon frappe de son trident le sol de l’Acropole. Aussitôt surgit un cheval. Un cheval magnifique dont les homes pourront faire de nombreux usages, en temps de paix comme de guerre. Athéna, elle, touche avec la pointe de sa lance, une petite motte de terre d’où jaillit un arbre immortel qui, je cite le mythe, est susceptible de donner la flamme pour illuminer les nuits, adoucir les blessures, être générateur d’un aliment précieux, riche en saveur, et donneur d’énergie. » Les dieux furent unanimes, le don de l’olivier est supérieur à celui du cheval. Ce fut donc Athéna qui fut choisie comme protectrice d’Athènes et de sa région.
Les Anciens attribuèrent aussi à l’olivier une grande richesse symbolique. Par exemple, dans le récit biblique du Déluge, l’arbre est symbole de paix. Lorsque cesse enfin la pluie, Noé envoie, chaque jour, depuis son arche, une colombe pour reconnaitre les environs. Le texte dit : « la colombe revient à lui sur le soir, une feuille d’olivier arrachée était dans son bec. Noé connut ainsi que les eaux avaient diminué sur terre. A partir de ce moment fondateur, l’olivier devient le symbole de la réconciliation. Pensez aussi à la célèbre colombe de la paix que Picasso a dessiné en 1949 et qui tient dans son bec un rameau d’olivier.
Dans l’Antiquité, posséder des oliviers était synonyme de sécurité alimentaire et, au-delà, de richesse et de prospérité. L’huile d’olive symbolisait la vie, et dans les trois religions monothéistes, la lumière divine. Car, on l’a peut-être oublié, mais l’huile d’olive servait à remplir des petites lampes de terre cuite pour éclairer les maisons et les temples.
L’huile d’olive était bien sur utilisée pour la cuisine, que ce soit pour l’assaisonnement et la cuisson des aliments, mais aussi pour les soins du corps (on en faisait des savons) pour protéger la peau contre le froid, le soleil, les piqûres d’insectes ou bien encore confectionner des remèdes, soigner des plaies. On l’utilisait également pour imperméabiliser les cuirs, pour les rites funéraires , religieux etc …
Les olives il y en a des vertes et des noires. Il ne s’agit pas de variétés différentes mais de stades de maturité différents. Les vertes ont été cueillies avant d’être totalement mûres, et, les noires sont des olives vertes que l’on a laissées jusqu’à leur maturité complète. Il y en a aussi des violettes qui, elles, sont cueillies à un stade intermédiaire.

Il serait dommage de cantonner l’olive aux seuls apéritifs et tapenades, salades estivales ou pizzas. De nombreuses recettes, salées ou sucrées, sont possibles. Outre le traditionnel poulet aux olives, le sauté de veau aux olives, elles peuvent entrer dans la composition d’un feuilleté au thon, au chèvre et aux olives, d’un pain ou d’une fougasse aux olives et aux herbes, d’un poisson pané aux olives etc etc …
Côté sucré, on peut confectionner des cakes aux olives et aussi des muffins, des palmiers aux olives noires, des cookies au chocolat noir et olives violettes. « Éric BIRLOUEZ

Pour illustrer cet article, j’ai retrouvé quelques poèmes et tableaux sur ce sujet :

» Oliveraies que Dieu vous donne
les janviers baignés d’averses
les mois d’août, riches en eau,
et les souffles printaniers
les grappes et de vos fleurs ;
que les pluies d’automne donnent
vos olives violettes.
Oliveraies, par cent chemins
Tes olives s’en iront
portées vers cent moulins.
Voilà qu’elles donneront
dans les fermes du travail
aux valets et journaliers
sous les larges chapeaux
les bons visages sombres !
Oliveraie, travailleurs de l’olivier,
forêt et race champ et place
des fidèles du terroir, à la charrue et au moulin
de ceux qui montrent le poing au destin,
les paysans à l’âme simple,
les bandits au grand cœur, les seigneurs,
dévots et contrebandiers !...
Villes et hameaux
sur les rives des fleuves
dans les plis de la sierra !
Que dieu descende dans les foyers
et les âmes des hommes de cette terre
où à l’oliveraie, l’oliveraie succède ! « Antonio MACHADO (Poète espagnol)

» L’olivier est planté, mais en célibataire,
Inaugurant la vie d’un jardin inédit,
Que peut-il bien penser cet arbre solitaire
D’être là, transplanté, si loin de son pays ?
Auprès du charreton, bien assis comme un sage,
Il devra supporter les assauts de la bise,
Et, peu à peu, vieillir au cœur de ce village
Aux cris et piaillements des choucas de l’église.
On aura soin de lui, de ses branches élaguées,
De ses feuilles vernies et de son tronc fourchu,
Lui apportant de l’eau, des engrais bien dosés,
Afin qu’il redevienne alerte et chevelu.
On veillera aussi à vernir son parterre,
De plantes assorties à son teint argenté,
Romarins, thyms, lauriers et lavandes bleutés,
Qui feront un décor digne d’un vieux grand-père.
Peut-être qu’au printemps, un oiseau débonnaire,
Lui fera la faveur de se poser sur lui
Lançant à ses amis, un peu moins téméraires :
« Venez, vous voyez bien, on peut y faire un nid ! » Josette VINCENT (Poétesse française)

» Le champ d’oliviers
s’ouvre et se ferme
comme un éventail.
Sur l’oliveraie un ciel effondré
et une pluie sombre d’étoiles froides.
Tremble le jonc et pénombre au bord de la rivière.
L’air gris moutonne.
Les oliviers sont chargés de cris.
Un vol d’oiseaux captifs,
qui remuent leurs très longues
queues dans l’obscurité. » Federico GARCIA LORCA (Poète et dramaturge espagnol)

» Les oliviers tordus par les temps
et par des vents d’orages, se sont levés
sur le sourcil étroit de cette terre,
comme s’ils enlaçaient le sol et la pierre
de leurs branches qui ont tant souffert
qui s’agrippent, qui restent,
et qui partagent leur véraison
avec les rares passants
Prenez et mangez… buvez-en…
Tous, qu’ils trouvent tous leur nourriture
d’une marche amère emplie de miracles
et dans la vérité une grande méfiance,
ainsi seront-ils, aussi tordus que les oliviers,
agrippés avec confiance à cette terre, tenaces
au sens de sa pierre et à un vent d’orage miséricordieux. » Démétris Th. GOTSIS (1945/2021) Poète grec






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