» Je te donne ces vers, non parce que ton nom
Puisse jamais fleurir dans ce sol pauvre,
Mais parce que tenter de se souvenir,
Ce sont des fleurs coupées, ce qui a du sens.

D’aucuns disent, perdus dans leur rêve, « une fleur »,
Mais c’est ne pas savoir que les mots tranchent,
S’ils croient le désigner, dans ce qu’ils nomment,
Transmutant toute fleur en idée de fleur.

Cisaillée la vraie fleur se fait métaphore,
Cette sève qui coule, c’est le temps
Qui achève de se déprendre de son rêve.

Qui veut avoir, parfois, la visite se doit
D’aimer dans un bouquet qu’il n’ait qu’une heure,
La beauté n’est offrande qu’à ce prix.  » Yves BONNEFOY ( Poète français, critique d’art et traducteur – Extrait de son recueil L’heure présente)

Yves BONNEFOY 1923/2016 – « La poésie, c’est rechercher le contact avec ce que la vie a d’immédiat, dans des rapports avec d’autres êtres qui en deviennent de l’absolu. »

Laisser un commentaire

Tendances