
» Qu’elle soit verte, blanche ou violette, apprêtée en houmous et en kougelhopf, brouillée aux petits pois, rôtie à la fleur de CBD, grillée aux pêches, escaloper aux bonnottes, cuisinée en chakchouka maghrébine, en socca niçoise, focaccia italienne, en risotto ou clafoutis, en patina romaine, en carpaccio, tartinée, croustillante, gratinée ou flambée, de l’apéritif au dessert, l’asperge n’a pas fini de nous étonner ! » Petit traité de l’asperge de Martin FACHE & Pierre Brice LEBRUN
» Mets haut de gamme et raffiné, l’asperge (du latin asparagus) a longtemps été réservée aux fois. Henri III, Henri IV et Louis XIII l’adoraient. Elle est citée dans l’Antiquité par le gastronome Apicius. L’empereur Néron lui-même l’appréciait, en particulier pour ses bienfaits sur la santé. Mais elle ne se démocratise en France qu’à partir du XIXe siècle : alors que le phylloxéra a ravagé les vignes, les paysans, découragés, se rabattent sur la culture. La plante fait les beaux jours de la ville d’Argenteuil, en région parisienne, puis s’étend au Val-de-Loire, à l’Aquitaine et au Midi.
Blanche, verte, violette(voire pourpre) , la teinte des asperges est en fonction d’exposition à la lumière. Les premières ont entièrement poussé dans la terre – les deuxièmes à l’air libre – les dernières ont été légèrement exposées au jour. Le secret d’une asperge vigoureuse tient dans un sol léger et bien drainé. Les terrains sablonneux, comme ceux des Landes, d’Alsace ou du Maine-et-Loire, se réchauffant dès les premiers rayons du soleil, favorisent la pousse rapide de sa tise. Elle commence à percer dès la fin avril et la saison s’étend jusqu’en juin.
La maîtresse de Louis XV, la marquise de Pompadour, raffolait des asperges qui étaient réputées aphrodisiaques. Une recette porte son nom. Ce plat simple est composé d’asperges cuites à l’eau, servies avec une sauce hollandaise parfumée au macis, une poudre obtenue à partir de l’enveloppe de la noix de muscade. Le fin du fin !
Il existe une Fête des asperges en France. Chaque année elle se tient à Hoerdt, dans le Bas-Rhin. Elle fait la fierté de la région. Cette année elle aura lieu le 10 mai 2026. La ville honore ce trésor local qui a trouvé sa place au XIXe siècle grâce à un pasteur Louis Gustave Heyler qui se trouvait, à l’époque, en Algérie. C’est dans ce pays qu’il découvrit la culture de l’asperge. Il constata que la terre était sablonneuse comme dans sa région natale d’Alsace. En 1869, il revint en France et réussira à convaincre les paysans de Hoerdt de sa lancer dans la culture des asperges.
Au programme des festivité de cette fête traditionnelle : des déjeuners dans les cours de ferme mettant en valeur l’asperge, une exposition de tracteurs anciens, des danses folkloriques, sans oublier l’élection de Miss et Mister Asperge ! » Louise KAPLAN (Journaliste française)
L’asperge est évoquée en littérature et en peinture :

» des asperges à la tige élégante et à la chevelure soyeuse, toute brillante à la rosée du soir, ressemblant à des forêts de sapins lilliputiens couverts d’une gaze d’argent … » George SAND (extrait de son roman Consuelo) – L’écrivaine, dont on sait qu’elle était une excellente cuisinière, préparait des asperges avec une sauce hollandaise lorsqu’elle recevait ses amis à Nohant.

« Je m’arrêtais à voir sur la table , où la fille de cuisine venait de les écosser, les petits pois alignés et nombrés comme des billes vertes dans un jeu. Mais, mon ravissement, était devant les asperges, trempées d’outremer et de rose et dont l’épi, finement pinoché de mauve et d’azur, se dégrade insensiblement jusqu’au pied, encore souillé pourtant du sol de leur plant, par des irisations qui ne sont pas de la terre. Il me semblait que ces nuances célestes trahissaient les délicieuses créatures qui s’étaient amusées à se métamorphoser en légumes et qui, à travers le déguisement de leur chair comestible et ferme, laissaient apercevoir , en ces couleurs naissantes d’aurore, en ces ébauches d’arc-en-ciel, en cette extinction de soirs bleus, cette essence précieuse que je reconnaissais encore quand, toute la nuit qui suivait un dîner ou j’en avais mangé, elles jouaient, dans leurs farces poétiques et grossières comme une féérie de Shakespeare, à changer mon pot de chambre en un vase de parfum … » Marcel PROUST ( Extrait de son livre Du côté de chez Swann)

« Oui, faisons lui fête !
Légume prudent,
C’est la note honnête
D’un festin ardent.
J’aime que sa tête
Croque sous la dent,
Pas trop cependant.
Énorme elle est bête.
Fluette, il lui faut
Plier ce défaut
Au rôle d’adjointe,
Et souffrir, mêlé
Au vert de sa pointe,
L’or de l’œuf brouillé. » Charles MONSELET (Sonnet de l’asperge)






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