« Monseigneur parut hors de lui de joie : il répétait souvent que jamais homme ne s’était trouvé en état de dire comme lui  » le Roi mon père et le Roi mon fils  » . S’il avait su la prophétie qui, dès sa naissance, avait dit de lui :  » fils de Roi, père de Roi et jamais roi » et que tout le monde avait répété mille fois, je pense que quelques vaines que soient ces prophéties, il ne s’en serait pas tant réjoui » …. SAINT-SIMON

C’est donc à Claude-Henri de Rouvroy, comte de Saint-Simon, mémorialiste , philosophe, écrivain, que nous  » devons « , en quelque sorte, le titre de cette exposition  » Fils de roi, père de roi, jamais roi  » . Saint-Simon, dont le père était le favori de Louis XIII, fut le filleul de Louis XIV et de Marie-Thérèse d’Autriche. Ses célèbres Mémoires sont le témoignage, précieux et intéressant, de tout ce qui se faisait et disait à la Cour du roi Soleil. Et lorsqu’il n’appréciait pas certaines personnes, eh bien sa plume n’était plus trempée dans l’encre, mais dans de l’acide.

On a beaucoup parlé du roi Soleil, de son petit-fils Louis XV, de leurs favorites, de Louis XVI et Marie-Antoinette, mais pas vraiment du personnage qui fait l’objet de l’exposition de ce jour, et qui, normalement, aurait dû régner à la mort de son illustre papa . Le Grand Dauphin, issu le la dynastie des Bourbons, surnommé également Monseigneur (titre qui lui fut donné par son père) méritait qu’on le mette à l’honneur, lui qui a été complètement éclipsé par la personnalité de Louis XIV ! Il le méritait car il est méconnu de nos jours, probablement parce qu’on le disait prince insaisissable , voire même décrié par beaucoup.

Il a reçu le titre de Grand Dauphin après sa mort pour ne point le confondre avec son fils le duc de Bourgogne.

Généalogie des Bourbons avec, dans la partie basse, Louis XIV appuyé sur un écu représentant la Réception de leurs Majestés britanniques, le Grand Dauphins, les petits ducs de Bourgogne, d’Anjou et de Berry – Sylvain BONNET (Bibliothèque nationale de France /Paris)
Portrait de Louis de France, Grand Dauphin – 1708 – Hyacinthe RIGAUD (Palacio Real / Madrid)

 » Monseigneur était plutôt grand que petit, fort gros, mais sans être entassé, l’air fort haut et noble , sans rien de rude, et il aurait eu le visage fort agréable si Mr le Prince de Conti ne lui avait pas cassé le nez par malheur en jouant, étant tous les deux enfants. Il était d’un fort beau blond, avait le visage fort rouge de hâle partout et fort plein, mais sans aucune physionomie, les plus belles jambes du monde, les pieds singulièrement petits et maigres. Il était fort bien à cheval et y avait grand mine. Presque tous ses portraits lui ressemblent bien …  » SAINT-SIMON

Il n’a jamais régné c’est vrai, mais il n’en demeure pas moins une figure centrale de la monarchie française et espagnole. En France, on s’est vraiment peu intéressé à lui, alors qu’en Espagne il est très important puisqu’il est le père de Philippe, duc d’Anjou, qui est monté sur le trône de ce pays en 1700 (Philippe V) .

Portrait de Philippe V roi d’Espagne – 1700/04 – Hyacinthe RIGAUD (Château de Versailles)  » Je déclare le duc d’Ajour comme mon successeur et comme tel je l’appelle à la succession de mon royaume sans nulle exception.  » Charles II d’Espagne le Ier.11.1500

L’expo du Château de Versailles s’intitule : « Le Grand Dauphin – Fils de roi, père de roi et jamais roi  » (Jusqu’au 15.2.2026) – 250 œuvres sont présentées, donc certaines inédites, prêts de grandes institutions muséales nationales et internationales. C’est une expo fort instructive et intéressante qui permet de mieux comprendre ce que voulait dire être Dauphin de France à cette époque, la façon dont il fut éduqué, dont il a grandi à la Cour, son engagement dans les affaires de l’État, les contraintes qui reposaient sur lui etc…C’est aussi apprendre comment on «  fabriquait  » un roi.

Lorsque le Grand Dauphin est mort , son fils le roi d’Espagne, demanda à ce que lui soit restitué une partie des œuvres d’art de son père qui était un grand collectionneur. Certes, ses collections ne furent pas aussi importantes que celles de Louis XIV, mais conséquentes et d’une grande richesse malgré tout, le témoignage, d’un homme de goût qui a aimé s’entourer de belles choses.

Les pièces étaient magnifiques : des horloges, du mobilier, des vases, des sculptures, des lustres, des gemmes, des tableaux. Une partie fut placée au Palais royal de la Granja, qui était la résidence d’été du roi Philippe V et de son épouse Elisabeth Farnèse. De nos jours c’est le Musée du Prado qui détient de très nombreux tableaux issus de cette collection. D’autres précieuses pièces se trouvent en France bien sur, et d’autres pays dans le monde, notamment en Angleterre.

Six enfants sont nés de l’union de Louis XIV avec Marie-Thérèse d’Autriche. Un seul va survivre: Louis dit le Grand Dauphin, né en 1661 au château de Fontainebleau. Dans la logique de la succession, il était destiné à monter sur le trône de France, après son père. D’ailleurs, il a été élevé, institutionnellement, pour qu’il en soit ainsi. Malheureusement, cela ne se fera pas. Il va rester dans l’ombre du roi durant 49 ans, tombera malade et mourra en 1711.

Louis de France Grand Dauphin – 1676/77 env. Antoine COYSEVOX ( Château de Versailles)
Portrait de Marie-Thérèse et son fils le Grand Dauphin en costume  » à la polonaise  » – 1664 – Henri et Charles BEAUBRUN (Musée national du Prado/Madrid)
Portrait du Grand Dauphin à l’âge de 2/3 ans – Jean NOCRET (Château de Versailles)

Il a été marié à Marie-Anne de Bavière en 1680, puis se retrouvera veuf 10 ans plus tard. Il épousera alors, en 1695, secrètement, sa maîtresse, dame de compagnie de sa sœur Melle de Blois, à savoir Emilie de Joly de Choin.

Portrait de Marie-Anne de Bavière – Atelier de François DE TROY (Château de Versailles)
La famille du Grand Dauphin – 1687 par Pierre MIGNARD (Musée du Louvre/Paris)

De son union avec Marie-Anne de Bavière, le Grand Dauphin, a eu, trois garçons parmi ses enfants : Louis, duc de Bourgogne – Philippe, duc d’Anjou (qui deviendra roi d’Espagne) – Charles duc de Berry. Le premier fut marié à Maire Adélaïde de Savoie qui lui donnera deux fils . Il n’y avait donc, normalement, aucun souci à se faire pour la succession . La relève semblait assurée.

Mais, comme je l’ai dit, le Grand Dauphin va mourir en 1711, après avoir passé sa vie dans l’ombre de son père qui l’avait formé pour lui succéder et ne pourra le faire. Ce fut une véritable catastrophe pour le roi. On fit donc appel au duc et à la duchesse de Bourgogne pour prendre sa suite.

Une idée, somme toute, excellente car le duc était très investi dans les affaires de l’État, et son épouse, bien que de santé fragile, travaillait beaucoup pour la Cour. Manque de chance, elle attrape la rougeole en 1712 et meurt alors qu’elle était enceinte. Son époux fut dévasté et essaiera de trouver refuge et réconfort auprès de son grand-père le roi. Non seulement, il n’arrivera pas à s’en remettre, mais tombera malade lui aussi et mourra à 29 ans.

Il fallut donc réfléchir à nouveau … Le choix se portera sur le fils du duc de Bourgogne qui avait 5 ans à l’époque du décès de ses parents. Il représentait l’espoir et l’avenir de la dynastie. Mais le sort s’acharna. Il contracte la rougeole lui aussi et meurt. On s’aperçoit que son petit frère Louis est malade lui aussi. Très vite, sa gouvernante, Madame de Montadour, s’opposera fermement à la saignée préconisée par les médecins et décidera de la soigner elle-même. Ses bons soins donneront un résultat encourageant car le petit garçon se rétablira.

Louis XIV lui attribuera alors le titre de Dauphin. Compte tenu de son jeune âge, il a fallu trouver un régent. Ce sera le dernier fils du Grand Dauphin, Charles duc de Berry, qui sera chargé de ce titre. Mais la tragédie continuera. Charles va mourir d’une forte fièvre après un accident de chasse et une violente chute. Son épouse accouchera, au même moment d’une petite fille qui ne vivra pas.

La malchance étant de mise, on se remit à chercher un autre régent, et même si Louis XIV ne l’appréciait pas, il nommera le fils de son frère Philippe d’Orléans, pour s’occuper de la régence du futur roi. C’est ainsi que le petit fils du Grand Dauphin, arrière-petit-fils de Louis XIV, deviendra Louis XV.

Mais revenons au Grand Dauphin :

Le souhait de Louis XIV fut de préparer son fils à lui succéder, et de le faire mieux qu’il ne l’avait été lui-même en certains domaines. Il a, d’ailleurs, scrupuleusement suivi l’éducation qui lui fut prodiguée . Pour ce faire il l’a entouré de personnes compétentes capables de lui donner une éducation assez moderne pour l’époque. Très jeune , le prince a donc du faire face à de nombreuses obligations : politiques, dynastiques, curiales, familiales. Il ne suffisait pas de « naître  » roi, il fallait le devenir.

Il n’y a pas eu de conflit grave entre le père et le fils. Certes la personnalité du roi Soleil était écrasante, mais , même lors des cabales contre le roi, des critiques , son fils a toujours eu un profond respect pour lui On lui a appris à tenir son rang à savoir le deuxième après Louis XIV et celui devant sa mère la reine, ce qui impliquait de savoir parfaitement représenter l’avenir de la dynastie.

Il a été formé politiquement ,ce qui voulait dire assister et participer aux Conseils du royaume, représenter le roi quand celui-ci était absent. Il l’a fait, dès 1682 avec son entrée au Conseil des Dépêches et au Conseil des Finances, mais autant le dire, on ne lui laissait pas vraiment la possibilité de donner son avis. Il assistait également aux fêtes, aux réceptions et manifestations officielles, avec ou sans son père.

Jusqu’à l’âge de 6 ans il fut confié aux bons soins de sa nourrice Julie de Montausier, fille de la marquise de Rambouillet. C’était une femme de Lettres, une intellectuelle célèbre qui portait haut et fort la cause des femmes à son époque. Elle s’acquittera de sa tâche avec l’élégance et le savoir qu’on lui connaissait. Trois ans plus tard, ce sera le tour ensuite de Louise de Prie maréchale de La Mothe Houdancourt.

Après quoi, il a du être pris en charge par des hommes pour lui donner une éducation exemplaire . C’est donc le marquis de Montausier qui reçut la charge, sur ordre du roi, de le former à son métier de monarque. Montausier supervisait les précepteurs (une dizaine), les sous-précepteurs et les professeurs, comme, par exemple, le premier qui appris à lire au Grand Dauphin : Octave de Périgny, mais aussi Pierre Paul Huet pour la littérature, et , de 1670 à 1678, Jacques-Bénigne Bossuet, homme de Cour, homme de religion.

Portrait de Julie de Montausier – Vers 1630 Claude DÉRUET (Musée des Beaux Arts/Strasbourg)
Portrait de Louise De Prie Maréchale de la Mothe Houdancourt – Henri et Charles BEAUBRUN (Château de Versailles)

Le choix de ce dernier n’était pas celui de Montausier , mais le roi le préférait à d’autres parce qu’il le trouvait plus adapté à dispenser une éducation « moderne » au jeune prince : histoire de France, langues étrangères, droit public, religion, mathématiques, sciences, géographie, grammaire et philosophie . Pour son élève, Bossuet rédigera un Catéchisme , un Traité de la connaissance de Dieu , un Abrégé de l’histoire de France, ainsi qu’un livre quasiment philosophique : Politique tirée des propres paroles de l’Écriture sainte.

Le petit prince était plutôt intelligent, mais il n’aimait pas les études, et si il est arrivé à en être dégoûté, beaucoup disent que c’est probablement parce que Bossuet était dur, et lui a fait « un bourrage de crâne  » alors qu’il n’était qu’un enfant . D’un autre côté, ce dernier a appliqué à la lettre ce que le roi avait déclaré  » j’aimerai mieux n’avoir pas d’enfant que de le voir fainéant  » .

Il devra, de plus, lire Les Mémoires pour l’instruction du Dauphin écrites pour lui par Louis XIV , à l’âge de 30 ans, et dans lesquelles il lui donnait des conseils, lui faisait part de ses ressentis personnels, et lui expliquait comment un roi se doit d’être exemplaire que ce soit dans la foi, la culture, l’armée, bref un modèle pour le royaume et les autres pays,

 » Si l’on fait le bilan des connaissances du dauphin vers 1665, on s’aperçoit qu’il a un maitre d’italien, qu’il est capable de répondre lorsqu’un ambassadeur lui parle espagnol. Il a une bonne connaissance des prières et des cérémonies liturgiques de la Cour. Il a appris par cœur un certains nombres de maximes morales. Il sait parfaitement se comporter à la Cour en se présentant en couple princier avec sa cousine derrière ses parents lors de cérémonies officielles. » Pascale MORNICHE (Historienne française)

Portrait du duc de Montausier Vers 1650 – Louis ELLE (Musée Carnavalet / Paris)
Portrait de Jacques BENIGNE BOSSUET 1702 Hyacinthe RIGAUD (Musée du Louvre/Paris)

Il a du s’adapter, comme il le pouvait, à une famille  »recomposée  » puisque son père a eu de nombreuses maitresses et que d’autres enfants nés de ces liaisons (entre 16 et 18 enfants illégitimes dont 8 seront reconnus) sans oublier de  »composer  » avec sa belle-mère Madame de Maintenon.

Il a aimé l’opéra et se rendait très souvent au Palais Royal pour assister à des nouveaux spectacles, la danse, et s’est très tôt intéressé à la musique, la peinture, la sculpture et l’architecture. Il a été le mécène de nombreux musiciens, a sauvé de la ruine l’Académie de musique et a aidé Lully à en acquérir le privilège. A cela se sont ajoutées des leçons d’équitation. Il fut, par ailleurs, un grand amateur de chasse au loup.

 » Chasse à courre du Grand Dauphin, de la Dauphine et de la princesse Palatine  » – Jean-Baptiste MARTIN ( Château d’Aulteribe )

Bien sur il dut tenir son rang en tant que chef des armées et pour ce faire il s’est exercé aux maniement des armes et au commandement. Il a rejoint souvent son père lorsque celui partait à la guerre et lorsqu’il fut adulte il se distingua avec la prise de la citadelle de Philippsbourg en 1688 lors de la guerre de la Ligne d’Augusbourg.

En parlant d’art, il faut savoir que toutes les fabuleuses collections de son père Louis XIV furent mises à sa disposition dès son enfance, ce qui a attisé son goût et sa passion pour l’art. Il a été, lui-même un collectionneur avisé. Toutes ses collections personnelles se trouvaient dans ses somptueux appartements aux Tuileries, à Versailles, au château de Choisy que le roi lui offrit en 1693, ou au château de Meudon.

Vase de porcelaine sur monture argent doré du XIVe siècle – Collections du Grand Dauphin (Musée national d’Irlande (Dublin) – ci dessous :
Rituel de l’abbaye royale de Saint Germain des Près à Paris – Il contient les prières et les cérémonies faites lorsque les religieux portent les reliques de la glorieuse Vierge Marie, et les martyrs Sainte Marguerite et les princesse de sang. / 1661 – enluminé sur vélin – Nicolas JARRY (Château de Versailles)
Enlèvement d’une Sabine- 1590/1611 Antonio SUSINI d’après Jehan BOULONGNE (Château de Versailles)
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Commode d’une paire attribuée à Renaud GAUDRON 1690/1700 (Palacio Real/Madrid)
Vase en cristal de roche , atelier des Miseroni 15909/1610 (Musée national du Prado/Madrid)
Scabellon d’André Charles BOULLE – Il se trouvait dans le cabinet des miroirs du Grand Dauphin (Château de Versailles)
 » Jupiter victorieux des Titans  » fait partie des chenets de l’Algarde de Alexandro ALGARDI (The Wallace collection / Londres)

Difficile de ne pas parler du château de Meudon qui fut son autre grande passion . Il se trouvait pas très loin de Versailles. Ce lieu appartenait au surintendant des Bâtiments du roi, à savoir le Marquis de Louvois. Tout le monde s’évertuait à dire qu’il était superbe, notamment grâce à tous les travaux qui furent entrepris en extérieur et intérieur par son propriétaire. Louis XIV va lui proposer d’échanger le château de Choisy avec le sien à Meudon pour le Grand Dauphin. Ce fut chose faite en 1695.

Le Grand Dauphin va continuer l’embellissement du château, fera installer toutes ses belles et précieuses collections de Versailles à sa nouvelle royale demeure, et en commandera des nouvelles aux peintres célèbres de son époque Il va y résider très souvent parce qu’il s’y sentait bien, heureux et libre. Petit à petit il eut même sa propre petite Cour .

C’est à Meudon qu’il meurt en 1711 de la petite vérole. Compte tenu de la contagion, son corps ne fut pas embaumé. Il sera inhumé en la basilique Saint-Denis. En 1817, ses restes, profanés durant la Révolution, seront placés dans l’ossuaire royal de ce lieu. Triste est de constater que quelques jours seulement après sa mort, les fêtes reprenaient à Versailles comme si de rien était.

Louis XIV fut complètement dévasté par la perte de son fils. Le marquis de Sourches qui se trouvait à Meudon dira  » le roi ne put se mettre au lit que trois heures après être arrivé appréhendant d’étouffer tant la douleur était grande !  » Le roi Soleil mourra quatre ans après lui.

Le château de Meudon (côté entrée) – 1723 Pierre Denis MARTIN (Château de Versailles)

2 réponses à « Le Grand Dauphin 1661/1711 : Fils de roi, père de roi, et jamais roi … »

  1. Molto iinteressante, grazie Lisa. Le storie degli Stati e chi è importante in esse sono spesso sconosciute varcando il confine. Le storie degli uomini invece, spesso si assomigliano.

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    1. Avatar de Lisa Pascaretti
      Lisa Pascaretti

      Ha ragione, la storia dei nostri Paesi è sempre molto interessante. Apprezzo particolarmente quella dei nostri re francesi e credo che il Castello di Versailles abbia fatto bene a concentrarsi su questa figura spesso trascurata ma importante. Inoltre, le opere esposte sono davvero magnifiche e non ci sono molte occasioni per ammirarle. Grazie mille per il tuo messaggio Willy ♥

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