» L’intérêt de Degas pour les danseuses révèle une obsession pour l’univers féminin qui croît avec l’âge et que partage, sans doute, la société de l’époque, comme en témoigne le succès que ses œuvres obtiennent de son vivant auprès des critiques et des amateurs d’art.
A partir de la fin des années 1860, Degas suit les danseuses pendant les classes et les entrainements réguliers, près des feux de la rampe et même dans les coulisses, assistant non seulement à leur travail, mais aussi à leur repos. Dans ses études au pastel et à la cire, il approfondit ses recherches sur leurs mouvements, privilégiant les lieux où, comme les salles de répétitions et les loges, il peut observer leur vie quotidienne. En dépit de l’intimité des instants qu’il saisit, le regard de Degas n’est jamais indiscret. Il s’emploie inlassablement à reproduire fidèlement les gestes qui sont parfois révélateurs de la psychologie des danseuses.
Dès la fin des années 1890, l’artiste se concentre sur la figure de la danseuse elle-même, sans se soucier de l’insérer dans un espace reconnaissable. Il s’agit souvent de danseuses dans les coulisses, sans aucun détail qui permette d’identifier les ballets. A l’image du répertoire éphémère de l’Opéra sous la IIIe République, les danseuses sont saisies dans leur essence, couleur et mouvement, plutôt que dans un contexte précis. » Gabriela ASARO ( Maitre de conférences italienne, professeure agrégée d’italien et chercheuse en littérature, arts, musique et spectable vivant)







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