
« Mes influences ne sont pas issues de la culture populaire. Elles viennent de la peinture de la Renaissance italienne, de la photographie du milieu du XXe siècle, de la peinture de John Singer Sargent, de la culture japonaise, du style Biedermeier. En plus d’être fantaisiste, j’espère profondément que mon travail est émotionnel et réfléchi. Le monde d’aujourd’hui a atteint une impasse. La musique est discordante, l’art , conceptuel ou non, est vulgaire, la culture indélicate, elle manque de style, de grâce et tout cela aurait besoin de changement. Le monde de mes photographies est un monde un peu hors de portée. Il nous oblige à aspirer à plus, à atteindre un mieux, à apporter de la civilité, de la grâce, de la beauté, et le retour à un monde qui a malheureusement disparu. Sans s’en rendre copte la culture populaire crie Non ! . J’espère que mes photos proclament plutôt un Oui ! . » Rodney SMITH (Photographe américain)
Rodney Smith a été un éminent photographe, incroyablement passionné par son métier, avec des clichés très facilement reconnaissables. Des portraits et paysages, très élégants, pleins d’esprit, magiques, poétiques, optimistes, fantaisistes, intemporels, entre rêve et réalité, subtilité et contradiction, poésie et absurde. Si ses photos ont plu et continuent de plaire autant c’est parce qu’elles offrent une impression de beauté et d’incroyable spontanéité.
Elles sont toutes différentes les unes des autres. On pourrait croire qu’elles surprennent par leur côté étrange et inhabituel, mais ce n’est pas le cas : tout semble être là de façon normale, naturelle, simple. Et c’est cela qui est fantastique dans son travail : nous amener à penser de la sorte !
Son côté surréaliste fait penser au peintre belge René Magritte ; son sens du design et de la composition à Edward Hopper. Il les appréciait énormément tous deux et on le compare souvent à eux. De ses études en théologie il a gardé un sens contemplatif très profond et toute sa vie il a tenté de sortir du chaos, de la confusion, de l’incompréhension, du désespoir du monde moderne, essayant de cherchant le sens d’un être humain.
Il a très longtemps été un adepte de la photo en noir et blanc , la couleur n’est entrée dans sa vie qu’en 2002. Avec le temps, et surtout depuis son décès en 2016, elles sont devenues des sortes d’œuvres d’art très recherchées non seulement par les musées du monde entier, mais aussi par les collectionneurs. Elles font souvent , par ailleurs, l’objet de nombreuses grandes expositions et rétrospectives. Quarante-cinq ans de carrière auréolés par de nombreux prix et récompenses. Il fut également professeur de photographie à l’Université de Yale et l’auteur d’ouvrages sur son art.
Il est né en 1947 à New York. Élevé par son père, un riche industriel de la mode. Études à l’université de Yale dont il sort diplômé en 1970. Parallèlement à cela, il prend des cours de photographie. Six ans plus tard, il obtient une bourse qui lui permet de se rendre en Israël durant trois mois afin de faire une sorte de retraite-études sur la diversité des cultures et religions du Moyen-Orient. Un voyage intérieur qui va beaucoup lui apporter.
A partir de là, il voyagera beaucoup, travaillant surtout sur la lumière que lui apporte les différents pays où il se rend. Son style personnel années 50,qui prend un malin plaisir à jouer avec le temps et l’espace et emmener chacun de nous dans un monde enchanteur qui nous fait oublier les tracas de la vie, va naître, fait de mises en scène un peu étranges mais pleines de poésie, jamais retouchées, développées en chambre noir, un véritable artisanat dont il était fier.
La nature a tenu une part importante dans son travail, son langage, elle a été le décor de ses photos et probablement qu’elle lui a permis de trouver les réponses aux questions qu’il n’a cessé de se poser toute sa vie sur la nature profonde de l’homme : « Je suis toujours attiré par un endroit où la main de l’homme est évidente. »
Il est décédé en 2016.












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