
Tout Mister B., à savoir George Balanchine, est dans ce merveilleux ballet : ses splendides Pas de deux, ses Arabesques élégantes et raffinées, l’image de sa danseuse idéale, très féminine, et son hommage à trois ville et Écoles de danse chères à son cœur : Paris, New York et Saint-Pétersbourg. Tout est dans ce ballet !
Pourquoi un ballet sur les pierres précieuses ? L’idée lui est venue lorsque son ami, le célèbre violoniste Nathan Milstein lui a présenté, un jour, Claude Arpels, de la prestigieuse joaillerie située sur la 5e avenue à New York, Van Cleef & Arpels, une enseigne connue dans le monde entier, représentante du luxe, de la classe et du raffinement en matière de bijoux.
Balanchine les appréciait beaucoup, et lorsqu’il découvrit la magnifique collection de Mr Arpels, elle fut pour lui une grande source d’inspiration. Trois pierres vont le fasciner plus particulièrement : l’émeraude, le rubis et le diamant. Toutes trois vont devenir un ballet qui sera créé en 1967 pour le New York City Ballet, avec ses muses : Suzanne Farell, Violette Verdy, Patricia McBride, et Mimi Paul.
Ce ballet a été, pour ce chorégraphe, une sorte d’écrin, avec des costumes éblouissants qui se devaient de briller comme les pierres qu’il représentait. Ils furent créés par la costumière américaine Barbara Karinska à laquelle il fut expressément demander de bien respecter l’éclat et la couleur des pierres.
C’est vraiment une superbe chorégraphie, bien pensée, un florilège d’arabesques, variations, ensembles et pas de deux. Tout y est éclatant, virtuose, élégant, étincelant. A sa mort, Balanchine a laissé des instructions très précises qui se devaient ( et doivent toujours) être respectées par les Compagnies qui, un jour, souhaiteraient produire ce ballet, voire même une partie. La Fondation Balanchine, détentrice des droits, est très vigilante à ce sujet. Elle demande que la qualité artistique ne trahisse jamais le ballet original. Il ne peut y avoir aucune relecture du ballet, ni même une seule modification.
Jewels fut pour Balanchine une symphonie en trois mouvements :
Emeraudes : c’est Paris la poétique, la romantique, l’École de danse française avec toute sa grâce, ses poses, son élégance. La danseuse se doit d’être très féminine, délicate, rêveuse, bercée par la mélodie et des lignes corporelles d’une grande pureté. Le tout sur la musique de Gabriel Fauré ( Pelleas et Mélisande/1888 et Shylok/1889)
Rubis : c’est New York, la pétillante, la bouillante. C’est Broadway avec une danse pleine de vitalité, jazzy, rappelant les comédies musicales de Fred Astaire et Ginger Rogers. Il y a du déhanchement, de l’audace, des poses ondulantes sur la musique de Igor Stravinsky (grand ami du chorégraphe). Il choisira Capriccio pour piano et orchestre aux accents martelés et syncopés. Une musique piquante et vigoureuse.
Diamants : c’est la danse éclatante de Saint-Pétersbourg et Marius Petipa. Le souvenir du ballet blanc en tutus endiamantés, éblouissants, façon Le Lac des cygnes ou Casse Noisette(pour la Danse des flocons). C’est le grand romantisme de l’École de danse russe, le faste du style impérial, sur la musique de Piotr. I. Tchaïkovsky (avec des extraits de trois symphonies écrites en 1865 et 1875 : Rêve d’hiver – Petite Russie – Polocca)






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