» Dans le jardin d’mon père,
Les lilas sont fleuris,
Tous les oiseaux du monde,
Y viennent fair’ leur nid.… » Vers extraits de la chanson populaire Auprès de ma blonde attribuée à André JOUBERT DU COLLET qui était lieutenant dans la marine royale de Louis XIV)

Le lilas fleurit au printemps, mais de façon plus abondante entre mai et juin. Il fait partie de la famille des oléacées. Il se décline en 900 espèces environ et apporte une note joyeuse et parfumée à nos jardin.
Joseph Pitton de Tournefort lui avait donné de nom de Syringat qui vient du grec Syrinx (tuyau vide, flûte ou roseau) probablement en raison des petites fleurettes de ses grappes (thyrses) qui sentent si bon et qui on un peu la forme d’une flûte à champagne. C’est sous cette dénomination qu’un autre botaniste et naturaliste suédois, Carl Von Linné, le baptisera en 1753. On le trouve en différentes couleurs : blanc, mauve, violet, magenta, voire même parfois bi-color. Les première notes à son sujet ont été écrites au XVIe siècle par l’apothicaire et grand voyageur Pierre Belon.
On le dit natif d’Orient, mais, à l’origine, il poussait à l’est de la Roumanie, avant d’arriver à la Cour de Soliman le Magnifique à Constantinople. Il portait alors le surnom qui lui avait été donné, à savoir queue de renard. Lors de l’un de ses voyages en Turquie, le diplomate autrichien Ogier Ghislain de Busbecq reçoit un plant de lilas de la part du sultan. Il le ramène en Europe et l’offre au roi François Ier.
Toutefois il ne sera véritablement cultivé qu’au XIXe siècle par le grand jardinier, horticulteur, hybrideur et pépiniériste originaire de Nancy : Victor Lemoine, avec lequel le lilas connaitra un véritable essor, non seulement en France, mais dans le monde. C’est lui qui créera le lilas Syringa vulgaris qui pousse dans nos jardin. La maison Lemoine (qui n’existe plus) a donné naissance à plus de 200 variétés de lilas.
Comme beaucoup de fleurs, le lilas a, lui aussi, sa légende. Il puisse se source dans la mythologie grecque. Pan, dieu des forêts et des champs, fut complètement sous le charme de la nymphe Syringa, à un point tel qu’il la suivait partout. Cet empressement effrayait la jeune fille, si bien que pour lui échapper, elle décida de se transformer en un arbuste aux fleurs odorantes appelé lilas.
Dans le langage des fleurs, le lilas blanc est synonyme d’innocence et de pureté. Mauve, il exprime les premières émotions d’un amour naissant. Il est très recherché pour la confection de bouquets de mariée, associé à du lierre ce qui a pour symbolique un amour fort qui va durer.
Mais il peut aussi avoir d’autres significations : aux Etats-Unis, par exemple, si l’on offre du lilas à une jeune fille, cela voudra dire qu’elle restera célibataire toute l’année. En Orient, un bouquet de lilas était un signe de rupture. En Angleterre, il n’est pas d’amener du lilas blanc dans une maison car utilisé, il y a des siècles, pour des cérémonies funéraires.
Bien qu’elles soient décoratives les fleurs de lilas sont utilisées également sous forme de tisane pour combattre la grippe et le rhume. Quant aux feuilles, elles servent (écrasées) pour soulager les ecchymoses et guérissent les abcès. L’huile essentielle de lilas (au demeurant très chère) est recommandée pour l’acné et les maladies respiratoires.
Les fleurs de lilas sont, bien sur, très recherchées en parfumerie en raison de leur délicate senteur, légèrement poudrée, reconnaissable entre toutes. Toutefois c’est ce que l’on appelle une fleur muette. En conséquence de quoi, on ne peut extraire son odeur par distillation ou autre procédé, ni obtenir d’essence ou d’absolu de lilas. Il faut donc reconstituer son parfum. Les méthodes modernes actuelles permettent de le faire d’une façon assez incroyable et le résultat parait très naturel.
C’est ainsi qu’on le retrouve dans Amour, Amour de Jean Patou – Fleur d’interdit de Givenchy – Lilas mauve d’Yves Rocher – Guilty de Gucci – Lilas exquis de Jacques Fath – Love de Chloé – White linen d’Esthée Lauder.
La beauté du lilas a inspiré la poésie et la peinture et son nom revient dans des textes poétiques ou des chansons connues. Sans oublier qu’il a donné son nom à l’ancienne Porte de Romainville à Paris, devenue Porte des Lilas .
» Je vois fleurir, assis à ma fenêtre,
L’humble lilas de mon petit jardin,
Et son subtil arome qui pénètre
Vient jusqu’à moi dans le vent du matin.… François COPPÉE (Poète français – Extrait de son recueil Le cahier rouge/1892)

» Agiles comme des chats qui jouent les cascadeurs
Les branches de lilas sautent pardessus les murs
Des lilas crêpelés comme mer qui moutonne
Des lilas tout tremblant frisés comme la laine
D’une blancheur d’écume, d’un blanc de porcelaine
Qui quand le vent les berce répandent leur odeur
Tels les grappes de glycine qui dégouttent des treilles
Il pleut des lilas bleus comme tombe la pluie
Il embaume les maisons fait vrombir les abeilles
Au joli mois de mai dès que le soleil luit
Il sort un fort parfum de tous les lilas mauves
Comme il s’en dégage de la cage des fauves
Un arôme puissant dont les fleurs sont empreints
Et qui parfume l’air ainsi que des embruns… » Alain HANNECART (Poète français)

» Je rêve et je me réveille
Dans une odeur de lilas
De quel côté du sommeil
T’ai-je ici laissé ou là… » Louis ARAGON (Poète, romancier, journaliste français / Vers extraits de son poème Les lilas (Recueil Fou d’Elsa)

« Mon premier lilas blanc
que Lili cueille en branche,
Mon deuxième lilas quoi que vous en pensiez,
Mon troisième lilas dont la tige se penche,
Mon dernier lilas bien qui lilas le dernier. » Robert DESNOS (Poète français – Extrait de son recueil Chantefleurs 1944/45)

» Quand je vais chez la fleuriste
Je n’achèt’ que des lilas
Si ma chanson chante triste
C’est que l’amour n’est plus là
Comm’ j’étais, en quelque sorte
Amoureux de ces fleurs-là
Je suis entré par la porte
Par la porte des Lilas
Des lilas, y’en avait guère
Des lilas, y’en avait pas
Z’étaient tous morts à la guerre
Passés de vie à trépas
J’suis tombé sur une belle
Qui fleurissait un peu là
J’ai voulu greffer sur elle
Mon amour pour les lilas
J’ai marqué d’une croix blanche
Le jour où l’on s’envola
Accrochés à une branche
Une branche de lilas
Pauvre amour, tiens bon la barre
Le temps va passer par là
Et le temps est un barbare
Dans le genre d’Attila
Aux cœurs où son cheval passe
L’amour ne repousse pas
Aux quatre coins de l’espace
Il fait le désert sous ses pas
Alors, nos amours sont mortes
Envolées dans l’au-delà
Laissant la clé sous la porte
Sous la porte des Lilas
La fauvette des dimanches
Cell’ qui me donnait le la
S’est perchée sur d’autres branches
D’autres branches de lilas
Quand je vais chez la fleuriste
Je n’achèt’ que des lilas
Si ma chanson chante triste
C’est que l’amour n’est plus là » Georges BRASSENS (Auteur-compositeur, interprète français)






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