
» Le poisson du Ier avril pourrait-il être un maquereau ? Tout le monde connait le maquereau, ce très beau poisson de nos côtes, de coloration bleu-vert métallique irisé et strié de gris, qui semble fait d’azur, d’argent et d’or lorsqu’il passe vivant de la ligne à la barque comme le disait Alexandre Dumas. Ce poisson gras (mais les poissons gras ont été réhabilité grâce aux Oméga 3) qui hante nos côtes en bancs, a, de plus, l’avantage d’être un des moins chers à l’étal du poissonnier. Mais l’imaginaire du maquereau dans la mythologie et dans la culture populaire ne cesse de nous surprendre.
Reste à savoir pourquoi le maquereau serait le poisson du Ier avril . La forme du poisson papier stylisé, que l’on suspend à son insu dans le dos de celui que l’on veut gentiment railler, rappelle, en effet, plus la forme du maquereau que celle du turbot ou de la raie. Mais il est des origines beaucoup plus lointaines de cette tradition.
Pascal Viroux, dans La table des dieux nous apprend qu’avril est issu du latin aprilis, de l’étrusque apru, dérivé du grec aphro, diminutif d’Aphrodite. Avril serait donc le mois d’Aphrodite, déesse de l’amour et du désir, et la correspondance avec le début du printemps s’accorde bien avec la montée de sève, le réveil de la nature et les émois amoureux que favorise la saison.
Pour d’autres, c’est Charles IX qui serait à l’origine de la tradition car il décida que l’année, qui commençait alors le Ier avril, débuterait le premier janvier. Comme la coutume était de distribuer des cadeaux le jour de l’an, la coutume s’instaura de distribuer des faux cadeaux le jour de l’ancien jour de l’an à savoir le premier avril.
Maintenons que nous savons le pourquoi mythologique et le calendrier de la date du premier avril, reste à savoir pourquoi un poisson ce jour là. Christian Guy (dans l’almanach historique de la gastronomie française) nous rapporte que cela serait dû à la sortie du signe zodiacal des poissons et à l’interdiction de la pêche à cette époque de l’année en raison du frai (ponte des poissons). Le poisson en papier relevant à la fois du faux cadeau et d’un symbole astral.
Il ne nous reste plus qu’à nous régaler de maquereaux, plat délicieux et bon marché, ce qui est intéressant en ces temps de crise. Je ne résiste pas à vous donner une recette facile et goûteuse : prenez plusieurs beaux maquereaux, videz-les , mettez-les dans un plat qui va au feu, ajouter des carottes et des citrons découpés en rondelles, couvrez-les d’un bol d’eau et d’un verre de vinaigre d’alcool, salez, poivrez, ajoutez du thym, du basilic, de l’estragon, faites cuire jusqu’à obtenir un gros bouillon et laissez refroidir. Consommez-les tièdes ou froids sans vous poser de questions métaphysiques sur son origine, sa symbolique ou son étymologie. » Jean VITAUX (Médecin gastro-entérologue, historien spécialisé dans la gastronomie)

« Ce qui gratte un peu dans le dos,
Est-ce une tour de Notre Dame ?
Un baiser ? un hippopotame ?
Est-ce une corne d’escargot ?
C’est peut-être une automobile ?
Mais non ! c’est un poisson d’avril !« Noël PRÉVOST (Poète français)




Laisser un commentaire