
» Il est, sans conteste, l’un des produits les plus emblématiques de la culture alimentaire des Etats-Unis, mais il n’est pas longtemps resté confiné. Très vite, il s’est senti une âme de grand voyageur et il s’est lancé sur les chemins du monde.
On lit beaucoup de chose fantaisistes à propos de ce plat, par exemple que la viande hachée serait née au XIIe siècle au sein des armées de Gengis Khan. Les cavaliers mongols auraient découpé de la viande crue et, pour l’attendrir et la cuire, ils l’auraient placé sous la selles de leurs chevaux. Ils auraient aussi pris l’habitude de la manger d’une seule main, ce qui leur évitait d’avoir à descendre de leur monture … Très efficace en période de conquête ! Il s’agit là d’une pure légende.
En réalité, le hamburger tire son nom de la ville allemande de Hambourg, dont une des spécialités était la saucisse à base de bœuf haché.
Au XVIIIe siècle, cette saucisse va faire un premier voyage vers l’Angleterre. Les Anglais apprécient la Hamburg sausage le produit, et certains emportèrent la recette avec eux lorsqu’ils émigrèrent aux Etats-Unis. En 1834, un restaurant de New York met à sa carte (c’était la toute première fois) : un Hamburg steak.
Et l’accueil des clients fut plutôt enthousiaste ! Il faut dire que le contexte était porteur : dans ce début de XIXe siècle, l’élevage bovin se développait rapidement dans les grandes plaines des Etats-Unis. Cela eut pour effet de démocratiser la viande de bœuf. De plus, sa vente sous forme de steak haché aurait permis aux boucher d’y intégrer des morceaux de moindre qualité, du gras et du cartilage, ce qui réduisait le prix de vente. Tout le monde était gagnant !
On commença alors à voir fleurir des stands mobiles qui s’installèrent à la porte des usines, proposant aux ouvriers, pour un prix modique, un steak de bœuf haché grillé. Mais ce n’était pas le hamburger que nous connaissons aujourd’hui. Ce n’est qu’à la fin du XIXe siècle qu’apparaitra l’innovation qui consiste à placer la viande hachée entre deux tranches de pain. Quel en fut l’inventeur ? … On ne le sait pas vraiment pour tout dire.
Pour son troisième grand voyage, le hamburger retraversa l’Atlantique dans l’autre sens. Dans les années 1920, un restaurateur américain le servira à Paris, à l’intention de ses compatriotes expatriés. Au lendemain de la seconde guerre mondiale, des restaurateurs, situés à proximité des bases militaires américaines en France, vont proposer des hamburgers au G.I.’s et les locaux commenceront alors à s’y intéresser. La véritable explosion du burger est liée à l’implantation des premiers fast-food en France dans les années 1970.
Pour autant, les voyages du burger ne furent pas terminés. Son expansion géographique se poursuivra sur tous les continents, mais chaque culture alimentaire locale adaptera le burger à ses habitudes et préférences propres. Au Japon, il peut comporter une galette de riz ou une galette de chou. En Inde, on sert des burgers très épicés et des burgers végétariens. En France, on trouve des Mc Baguettes ou bien encore des Cheese burgers au St Nectaire, au Comté ou au Roquefort.
Pourtant, au départ, le burger ne fut pas très bien perçu en France. Il était associé à la fast-food. Certains y voyaient l’illustration d’une américanisation de la société, de la » mal bouffe « , d’une nourriture standardisée qui détruisait les cultures alimentaires locales etc… On se souvient, notamment, en 1999 du « démontage » du McDo de Millau par José Bové et un groupe de militants.
En 2017, les burgers ont détrôné, en termes d’unités vendues, les sandwichs jambon-beurre. Quelle révolution ! Cette année-là, 85 % de l’ensemble des restaurants français proposaient des burgers… Les fast-food ne vendaient plus que 30 % de l’ensemble des hamburgers servis. La France n’en est pas moins, après les Etats-Unis, le 2nd marché du monde pour McDonald’s. En dehors de l’aspect pratique, rapide, et économique du burger, c’est aussi parce qu’il est constitué d’ingrédients stars de notre gastronomie : du pain, de la viande, du fromage, et des pommes de terre avec les frites.
Aujourd’hui , et de plus en plus, les brasseries, restaurants et autres enseignes spécialisées, proposent des burgers dits « hauts de gamme » , des versions plus saines à base de viande française de qualité et des fromages régionaux. De nos jours on peut même trouver, dans certains restaurants étoilés, des burgers.
Et les voyages du burger ne sont loin d’être terminés : il y a quelques années, la Nasa diffusait une vidéo dans laquelle on voyait des spationautes d’une station spatiale internationale, occupés à se préparer des burgers ! » Éric BIRLOUEZ (Ingénieur agronome et sociologue français de l’alimentation-Extrait de son livre Histoire de l’alimentation des français )
Pour illustrer cet article, j’ai choisi quelques exemples d’artistes inspirés par l’hamburger, aussi étrange que cela puisse paraitre 😃 , notamment le photographe brésilien Gabriel ARAUJO-NARDELLI qui a réalisé une série alliant hamburger et tableaux classiques :


mais aussi :


La poésie également :
» Quand je mange un hamburger dans un pain
Les garnitures sont différentes pour moi.
Oubliez la laitue et la tomate
Ce n’est pas mon choix
Au lieu de cela, mon chignon est décoré à ma façon.
D’abord le pain, puis le hamburger
Avec deux tranches de cheddar
C’est ma façon préférée de commencer
Ce n’est pas toujours ma priorité.
Parfois, j’aurai plaisir
Cela donne un goût délicieux au hamburger
Ils forment une bonne combinaison.
Mes papilles gustatives ont maintenant découvert
Une autre garniture que j’apprécie
C’est de la choucroute au vin
Deuxième choix après le fromage
J’aime tous ces condiments.
Mon burger est un régal
Habillé de plusieurs manières différentes
Oh là là ! Quel délice ! » Darlène De BEAULIEU (Poétesse française)
Sans oublier les écrivains et leurs recettes comme par exemple Victor GARNIER avec Hamburger Gourmet , ou Stéphanie BULTEAU dans Hamburgers, ou Sandra MAHUT avec ses Burgers faits maison, ou bien encore l’histoire sociale des Hamburgers de Josh OZERSKY…





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