Un artiste lyrique s’en allé : le baryton belge José Van Dam dont on se rappelle la voix puissante, le timbre chaud et noble, la diction claire. Un merveilleux mélodiste qui s’est distingué dans Mozart, Gounod, Verdi, Massenet, Wagner et autres compositeurs contemporains. Un professeur de chant lyrique réputé pour non seulement sa grande exigence, mais aussi sa profonde bienveillance.
» L’émotion ne vient pas du volume, mais de la sincérité . Il y a plusieurs façons de chanter, certaines bonnes, d’autres mauvaises. Si l’on veut être un bon chanteur, c’est-à-dire faire à peu près ce que l’on veut faire avec sa voix : nuancer, faire des piani , il faut posséder une bonne technique. Je pense que l’on n’insiste pas assez sur la technique dans les conservatoires ou les universités. Chaque élève possède un instrument différent. Avant de faire le chanteur, l’interprète, le professeur doit construire l’instrument avec l’élève. Ce n’est qu’une fois que l’instrument est formé que le professeur peut dire à l’élève : » voilà tu possèdes un instrument, maintenant tu vas apprendre à t’en servir, à faire de la musique. » Trop souvent on apprend à un jeune chanter à se servir d’un instrument ( sa voix ) qui n’est pas complet. Lui apprendre aussi que les consonnes sont importantes pour le placement de la voix et que c’est grâce à elles que l’on comprend un texte.
Voilà une chose qui me passionne : enseigner. Je fais travailler d’abord la technique de la respiration et de l’appui sur le diaphragme. Le voile du palais devrait être relevé et la bouche s’ouvrir correctement, à la verticale. Il faut laisser tomber la mâchoire juste à l’avant des oreilles. Nous ne travaillons qu’en petites sections d’airs traditionnels et faisons beaucoup d’exercices vocaux. Idéalement il faut voir 2 à 3 élèves par semaine. Il est également important d’enseigner à un élève comment travailler seul. Bien sur il faut faire travailler la technique et qu’elle est maîtrisée, on peut commencer alors des airs importants, on peut se consacrer sur le texte afin de comprendre la signification et lui donner sa personnalité, que ce soit dans un opéra ou dans un concert.
Le jour où j’arrêterai de chanter, l’important sera que les gens puissent dire c’est dommage que Van Dam ne chante plus plutôt que c’est dommage qu’il chante encore … » José VAN DAM ( Baryton belge, éminent professeur de chant lyrique durant plusieurs années)






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