

» J’ai l’instant présent … Très fort … Violemment… Je crois qu’il faut pouvoir et savoir refaire sa vie chaque matin. «
« Je ne suis pas une intellectuelle, je ne suis pas une héroïne, je suis une femme qui chante »
» la chanson est dans le quotidien de chacun. C’est sa fonction, sa force . Sociale, satirique, révolutionnaire, anarchiste, gaie, nostalgique … Elle ramène chacun de nous à son histoire »
» Riche d’une palette de tons infinie qui nous permet de dire, dialoguer, chanter, charmer, reproduire ou créer d’autres sons, la voix est magique« .
Monique SERF dite BARBARA
Je voudrai vous parler d’une touchante exposition organisée par la BNF François Mitterrand à Paris, qui met à l’honneur une autrice-compositrice, merveilleuse chanteuse de la chanson française, une femme d’engagements, (notamment sa lutte contre le sida) l’inoubliable Barbara, née Monique Serf en 1930 à Paris, avec cette voix si particulière, unique, fragile, vibrante , toute en ombre et lumière, qui a laissé un lien important qui jamais ne s’éteindra avec nous toutes et tous son public qui l’avons tant aimée.
L’expo s’intitule : Dis quand reviendras-tu ? Barbara et son public … Jusqu’au 5.3.2026 – Elle nous permet de nous replonger dans l’univers de cette chanteuse et rassemble un grand nombre de documents sur sa carrière entre 1981 et 1997, des partitions, des coupures de presse, des affiches, des programmes, des photos et bien sur des vidéos où l’on peut la voir chanter ses plus belles chansons. (J’en ai choisi quelques-unes pour illustrer cet article)
Une exposition qui a lieu presque 30 ans après son décès en 1997, et qui a lieu grâce au fonds offert en 2023 à la BNF par l’Association Barbara-Perlimpinpin et notamment ses fondatrices à savoir : Ariane Ruet et Martine Worms.
Les photos sont de Marcel Imsand rencontré en1965 lors d’un concert. Une complicité s’est installée entre eux et il deviendra , au fil du temps, son photographe attitré.

Barbara a toujours fait en sorte de parler très peu de son enfance douloureuse traversée par la guerre, mais aussi par l’inceste que lui a fait subir son père et qui la marquera à vie. Elle évoquera cette période difficile dans ses Mémoires publiées à titre posthume en 1998 sous le titre Il était un piano noir.
: « Je garderai longtemps le souvenir du mélange de fascination, de peur, de mépris, de haine et d’immense désespoir que je ressentirai lorsque je le retrouverai mort, à Nantes, vingt ans plus tard… » Barbara évoquant son père
Elle a eu une carrière hors du commun. Elle a d’abord été une chanteuse interprétant les textes des autres, puis, un jour imposera les siens. Ses débuts se feront dans les années 50 au Cabaret de l’Écluse dans le 6e arr. de Paris. Elle en deviendra sociétaire dix ans plus tard, on l’appelait la chanteuse de minuit.
Elle présentera ses deux premières chansons, en tant qu’autrice et compositrice en 1963 au Théâtre des Capucines (Dis quand reviendras-tu et Nantes) – Il faut bien reconnaitre que ses textes , pleins de poésie, d’une grande sensibilité, sont magnifiques. Ils nous racontent des histoires qui pourraient êtres les nôtres. Elle avait d’ailleurs la réputation d’y travailler beaucoup, de façon acharnée, minutieuse, toujours en quête des mots justes et de la musique qui s’unirait parfaitement à eux.
Elle a débuté dans des cabarets, en Belgique, puis en France . Une quinzaine d’après ses débuts, elle sera à Bobino à Paris en 1965 où elle obtiendra un triomphe . S’en suivront d’autres grandes scènes parisiennes comme l’Olympia, Mogador, Pantin, Le Châtelet où elle sera, malheureusement, contrainte d’arrêter les représentations, victime de gros problèmes de santé en 1993. Son dernier récital se fera un an plus tard, en 1994, à Tours.
Elle a trouvé la sérénité de sa fin de vie dans un coin de campagne à Percy-sur-Marne. Barbara est décédée en novembre 1997 d’un choc toxico-infectieux. Elle avait 67 ans. Elle ira rejoindre sa maman dans le carré juif au cimetière de Bagneux.






« J’ai écrit avec chaque matin, chaque chose qui m’est arrivée, il faut être nomade. ce métier est une aventure…J’ai toujours pensé que ce métier je ne pourrai le faire que s’il disait totalement ma vérité et que si un jour je trichais avec le public, qui m’a tant donné, je ne pourrai plus revenir vers lui. J’ai fait dans ma vie ce que j’avais à faire avec mes maladresses et mes erreurs … «





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