» Petites fleurs qui, sur vos tiges frêles,
      Tremblez au souffle de l’hiver,
    Vous n’avez pas, comme l’oiseau, des ailes
     Pour fuir loin du jardin désert.

   Le froid vous fait une parure blanche
   Qui voile votre éclat vermeil ;
   Et, sous son poids, votre tête se penche,
   Cherchant un rayon de soleil. 

   Petites fleurs, là-haut, dans ma mansarde,
    L’hiver n’est pas encore monté ; 
   Le soleil luit, et mon foyer vous garde
   Un peu des chaleurs de l’été. 

   Avec le coin du sol qui vous vit naître,
    Là-haut je vous emporterai
   Et doucement, au bord de ma fenêtre,
   Près de moi je vous placerai. 

   Vous tiendrez lieu de famille absente
    Et des vieux amis dispersés ; 
   Vous parlerez à mon âme souffrante
    Du souvenir des jours passés. 

   Car notre hiver c’est la vieillesse,
   Et la neige, nos cheveux blancs ; 
   Comme vous, fleurs, notre tête s’affaisse
   Et nos pieds deviennent tremblants…
            
   À mon foyer vous aurez une place,
   Mais en retour, petites fleurs, 
  Vous donnerez au logis votre grâce, 
  Votre parfum et vos couleurs.  » Napoléon LEGENDRE (Poète québécois / Ce texte est paru en 1880 dans la Revue de Montréal)

            

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