Le 25.1.2026, de 9 h à 17 H , aura lieu à Tanneron ( département du Var) la célèbre FÊTE DU MIMOSA ! Le massif du Tanneron offre une magnifique, enchanteresse et abondante floraison de mimosa quand arrive cette époque de l’année (Janvier/Février)

Le mimosa fait partie de la famille des fabacées (sous famille des mimosoïdées), genre acacia. On compte environ 1200 espèces. Ses jolis petits flocons veloutés, couleur or, illuminent les collines, les vallons, les jardins, où il fleurit en début d’année en plein cœur de l’hiver. C’est réellement un spectacle magnifique et enchanteur.
Sa délicate et subtile senteur poudrée a permis de le faire entrer dans la composition de nombreux parfums signés Guerlain – Givenchy – Patou – Kenzo- Cacharel – Kenzo – Chanel ou Saint Laurent. Tout comme son amie la rose, il a réellement contribué à l’essor de Grasse, ville des parfums.
C’est par l’extraction des solvants volatils des branches de mimosa, que l’on obtient l’absolue de cette fleur utilisée en parfumerie.
Une grande partie est née en Australie ; il est l’emblème national floral de ce pays où, chaque année, le Ier septembre, on le fête : c’est le Wattle day. Mais d’autres sont originaires d’Afrique, d’Amérique centrale, ou Amérique du Sud. C’est en Australie que le capitaine James Cook, navigateur et cartographe anglais découvre, accompagné par des herboristes de même nationalité, certains acacias en 1778. Ils ramèneront avec eux des graines et les premiers plants apparaitront deux ans plus tard en Angleterre.
Pour ce qui est à proprement parlé de l’acacia dealbata (dit mimosa des fleuristes) que l’on trouve sur la Côte d’Azur, en France, c’est l’horticulteur, botaniste et chercheur Gilbert Nabonnand, grand spécialiste des roses, qui le cultivera en 1864 dans les jardins du château de Cannes-la-Bocca. Il avait réussir à obtenir un plant d’Australie que lui avait ramené un ami. Et miracle, l’arbre se mit à fleurir en hiver ! C’est alors un spectacle enchanteur que de le voir au milieu d’autres arbres comme des palmiers. Si bien qu’un grand nombre de personnalités anglaises, séjournant sur la Côte à l’époque pour échapper aux froides brumes de leur pays, feront appel à lui pour venir décorer les jardins de leurs villas avec cet arbuste qui était alors purement ornemental. Ses fils continueront, après lui, et étendront sa culture.
On put alors en trouver sur les collines de Mandelieu, Pégomas, La Croix des Gardes, Cannes, Grasse, Tanneron, La Roquette, Borme-les-Mimosas etc… Le mimosa s’épanouissait merveilleusement bien en raison des conditions climatiques de la région qui lui étaient très favorables. Du coup, les spécialistes, dits mimosistes, se feront de plus en plus nombreux car on s’était rendu compte très vite que sa culture et sa cueillette se révélaient être un intéressant rendement, notamment si on collaborait avec les grandes Maisons de parfumeurs grassois.
A noter, également, que l’on trouve du mimosa dans les Pyrénées, en Bretagne, sur l’Île de Noirmoutier, en Vendée et en Normandie aussi.
Il existe différentes légendes autour de lui, notamment en Inde : celle de l’amour d’une nymphe pour un humain. Les dieux vont donner leur autorisation à cette union à une seule condition toutefois : que la nymphe ne voit jamais son amant nu. Malheureusement, elle ne résistera pas à la tentation et désobéira. L’humain dut alors se soumettre à un sacrifice pour continuer à l’aimer. On fit brûler des branches de mimosa sur lesquelles il s’allongea sur les flammes et devint l’esprit masculin de la nature à savoir Gandharva.
Le mimosa a une apparence fragile, mais l’exubérance de sa floraison en hiver fait qu’il apparaît comme fort. En tous les cas, il incarne la sensibilité, le réconfort, la délicatesse, la tendresse, la sécurité, l’élégance. Dans le langage des fleurs, il exprime l’amour secret, celui que l’on tait mais qui est fortement langoureux
Comme beaucoup d’autres fleurs, il n’a pas manqué d’inspirer la littérature, la poésie et la peinture.
» Relayant juste après Noël
Tous les sapins enguirlandés
Les mimosas plus naturels
Etincellent au mois de Janvier.
Avec leurs boules de coton
On décroche mieux que le le pompon
Et comme l’or qui brille au ciel
Leurs fleurs sont des grains de soleil.
Il peut porter le maillot jaune
Pour être le premier en fleurs
Et comme à l’entour il embaume
Les parfumeurs l’ mettent à l’honneur.
Il ne se prend pas le citron
Pour fuir l’amer mais sentir bon
Et ses feuilles bien sensitives
Se rétractent à la moindre brise.
L’oiseau qui niche dans ses branches
Peut être bien serein je pense
Même si ses œufs sont convoités
Par les gourmets à chaque entrée.
Il peut porter le maillot jaune
Pour être le premier en fleurs
Et comme à l’entour il embaume
Les parfumeurs le mettent à l’honneur. « Louis VIBAUVER (Poète français).

» Je ne choisis par les sujets les plus faciles. Voilà pourquoi j’ai choisi le mimosa. Comme c’est un sujet très difficile, il faut donc que j’ouvre un cahier. Tout d’abord, il faut noter que le mimosa ne m’inspire pas du tout. Seulement, j’ai une idée de lui au fond de moi qu’il faut que j’en sorte parce que je veux en tirer profit. Comment se fait-il que le mimosa ne m’inspire pas du tout alors qu’il a été l’une de mes adorations, de mes prédilections enfantines ? Beaucoup plus que n’importe fleur, il me donnait de l’émotion. Le seul qui me passionnait. Je doute si ce ne serait pas par le mimosa qu’a été éveillée ma sensualité, si elle ne s’est pas éveillée aux soleils du mimosa. Sur les ondes puissantes de son parfum, je flottais, extasié. Si bien qu’à présent le mimosa, chaque fois qu’il apparaît dans mon intérieur, à mon entour, me rappelle tout cela, et fane aussitôt.
Il faut donc que je remercie le mimosa. Et, puisque j’écris, il serait inadmissible qu’il n’y ait pas un écrit de moi sur le mimosa. Mais vraiment, plus je tourne autour de cet arbuste, plus il me paraît que j’ai choisi un sujet difficile. C’est que j’ai un très grand respect pour lui et que je ne voudrait pas le traiter à la légère étant donné surtout son extrême sensibilité. Je veux l’approcher avec délicatesse. Tout ce préambule, qui pourrait être encore longuement poursuivi, devrait être intitulé » le mimosa et moi « . Mais c’est au mimosa lui-même (douce illusion !) qu’il faut maintenant en venir, si l’on veut au mimosa sans moi. » Francis PONGE (Écrivain et poète français – Extrait de son recueil La rage de l’expression/ 1952)

» Mimosa soleil
terrestre, explosion du
parfum,
cascade, cataracte, chevelure de
tout
le
jaune
déversé en
une
seule
vague de
feuillage,
mimosa en
avant dans
l’hiver
austral
comme
un
vaillant militaire jaune, avant
la
bataille,
nu, désarmé, face aux
bataillons de
la
pluie, mimosa.
Je
te
proclame rayon
de
miel du
monde :
nous
voulons un
instant être bourdons sylvestres,
élégantes,
alcooliques guêpes,
frelons de
miel et
de velours,
plonger les
yeux, la chemise, le
cœur,
les
cheveux
dans
ta
frémissante senteur, dans
ta
coupe jaune
jusqu’à
ne
plus
être qu’arôme dans
ta planète,
pollen
d’honneur, intimité
de
l’or, plume
de
ta
fragrance. » Pablo NERUDA (Poète, écrivain, diplomate, homme politique et intellectuel chilien -Extrait du Troisième Livre des Odes » )








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