» De la montagne j’ai appris la patience,
Les grands silences,
Je les écoute et ils me regardent,
Je m’imprègne de leurs quiétudes,
Je chasse toutes les brisures.
Et à l’abri du monde sonore,
Autour de moi se dessine la liberté.
Et dire que je pensais,
Que la montagne n’était
Qu’uniformité,
Monotonie,
Satisfaisant le regard curieux d’un moment.
J’ai vu tant de mouvement dans l’immobilité,
J’ai succombé au hasard de la fugacité
Des feuilles qui se bercent,
Des branches qui se soulèvent.
Puis vers le haut,
Le ciel m’a paru de plus en plus bas,
Si petit,
Si accessible,
Éveillant en moi
L’envie d’emprunter des ailes,
L’envie de planer dans cette légèreté,
Qu’aucune force ne peut abimer.
Je m’impatiente de décrire cette terre,
Mais comment la conter ?
Une terre habillée d’ocre,
Parsemée de blanc,
Pleine d’amour,
Supportant, soulageant les blessures
Des racines effritées,
Des troncs dégarnis,
Des écorces défrichées,
Je les vois vivre encore.
Une terre sans fin de vie,
Promise à l’éternité.
Une terre sans mystère,
Qui laisse deviner son flanc caché. « Samia RHKA (Poétesse marocaine, professeure universitaire en génétique et bio anthropologie à l’Université de Marrakech)






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