»C’est un rêve d’enfance, un lieu de refuge. Il est fait de bois dont on se réchauffe. Il peut avoir un cœur de pierre. Le chalet est le meilleur ami de l’homme quand il aspire à retrouver son innocence ; la cabane à la montagne où il vient se retirer quand la ville se fait trop étouffante. Il l’aide à prendre de la hauteur, à se ressourcer, à revoir le ciel. Il y vient pour éprouver le sentiment d’être éloigné de tout, près de soi-même, des siens. Il y a quelque chose de fraternel dans cette architecture, une simplicité bon enfant, une rondeur apaisante.
Dans l‘entrée, il y a des moon boots, les skis sont dans leur casier ; les gants sèchent. Les enfants grimpent dans leur lit superposé ; ils se prennent pour des aventuriers. Il règne une douce chaleur, une tendre complicité ; une idée du confort. Les romanciers naturalistes disaient qu’il était bourgeois ; Madame Bovary, dans ses rêves de provinciale, s’en faisait un nid d’amour. Elle n’avait pas tort ; il peut aussi être chinois, mauresque, gothique, savoyard, naturel ou sophistiqué.
On écoute le silence, on observe la neige qui tombe au dehors. L’air est pur, tout est feutré. Il y a du feu dans la cheminée. On se laisse aller. Il n’est pas citadin, il n’est pas de la campagne, il est d’ailleurs, solitaire, même quand il est bien entouré. Il donne une impression d’intimité. On s’y enroule comme dans un châle. C’est le cachemire de la résidence secondaire. » Bertrand de SAINT-VINCENT (Écrivain, journaliste français)






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