J’ai choisi ce poème de Paul ÉLUARD pour illustrer cette journée du 11 novembre :


 » Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.  » Paul ELUARD (Poète français / Extrait de son recueil Poésie et vérité)

17 réponses à « Liberté … »

  1. Pertinent aujourd’hui (et beau)

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    1. La liberté est un bien précieux qu’il faut défendre ! Merci Sylvie ♥

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  2. Un poème magnifique et puissant. Paul Éluard parvient à exprimer comment la liberté peut habiter tout ce qui nous entoure, dans ce qu’il y a de plus simple et de plus profond. Un hommage parfait pour une date propice à la réflexion et au souvenir.

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    1. Il y a de nombreux textes pour le 11 novembre … la liberté est bien précieux mais fragile aussi. En ces temps tourmentés, ces mots d’Éluard m’ont semblé être importants. Merci beaucoup Lincol et vous avez raison : le 11 novembre est  » une date propice à la réflexion et au souvenir  » ♥

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      1. C’est exact, une date qui nous invite à nous souvenir avec respect du passé et à chérir la paix et la liberté si chèrement acquises. Merci d’avoir partagé ces paroles si justes. 🤗🤗

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    1. Merci Barbara 🌹 ♥

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  3. ❤ MERCI pour ce partage
    et mois je rajoute le poème de Prévert

    Rappelle-toi Barbara
    Il pleuvait sans cesse sur Brest ce jour-là
    Et tu marchais souriante
    Épanouie ravie ruisselante
    Sous la pluie
    Rappelle-toi Barbara
    Il pleuvait sans cesse sur Brest
    Et je t’ai croisée rue de Siam
    Tu souriais
    Et moi je souriais de même
    Rappelle-toi Barbara
    Toi que je ne connaissais pas
    Toi qui ne me connaissais pas
    Rappelle-toi
    Rappelle-toi quand même jour-là
    N’oublie pas
    Un homme sous un porche s’abritait
    Et il a crié ton nom
    Barbara
    Et tu as couru vers lui sous la pluie
    Ruisselante ravie épanouie
    Et tu t’es jetée dans ses bras
    Rappelle-toi cela Barbara
    Et ne m’en veux pas si je te tutoie
    Je dis tu à tous ceux que j’aime
    Même si je ne les ai vus qu’une seule fois
    Je dis tu à tous ceux qui s’aiment
    Même si je ne les connais pas
    Rappelle-toi Barbara
    N’oublie pas Cette pluie sage et heureuse
    Sur ton visage heureux
    Sur cette ville heureuse
    Cette pluie sur la mer
    Sur l’arsenal
    Sur le bateau d’Ouessant
    Oh Barbara
    Quelle connerie la guerre
    Qu’es-tu devenue maintenant
    Sous cette pluie de fer
    De feu d’acier de sang
    Et celui qui te serrait dans ses bras
    Amoureusement
    Est-il mort disparu ou bien encore vivant
    Oh Barbara
    Il pleut sans cesse sur Brest
    Comme il pleuvait avant
    Mais ce n’est plus pareil et tout est abimé
    C’est une pluie de deuil terrible et désolée
    Ce n’est même plus l’orage
    De fer d’acier de sang
    Tout simplement des nuages
    Qui crèvent comme des chiens
    Des chiens qui disparaissent
    Au fil de l’eau sur Brest
    Et vont pourrir au loin
    Au loin très loin de Brest
    Dont il ne reste rien.

    Jacques Prévert

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    1. Un texte magnifique et bouleversant ce poème de Prévert ! A la fois un souvenir poignant entre deux amants , la dénonciation de la guerre … Merci beaucoup Frédéric pour cette proposition ♥

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  4. J’aime beaucoup cette poésie de Paul Eluard.

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    1. C’est un hymne à la liberté, un texte magnifique. Merci de l’avoir aimé Anne-Ma ♥

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  5. Je salue l’œuvre et l’héritage spirituel du grand Paul Éluard.

    Lisa, Éluard avait un lien direct avec la Grèce et les luttes de notre peuple. Il n’a pas hésité à gravir la montagne aux côtés des combattants populaires de l’Armée démocratique de Grèce pour les soutenir. Merci pour ton engagement aujourd’hui, ma chère amie. Ton post m’a beaucoup touchée et m’a beaucoup appris sur toi.

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    1. J’ai 73 ans et suis fille de militaire. La guerre, la patrie, la liberté j’en ai beaucoup entendu parler par mon père qui était au front durant la seconde guerre mondiale et un grand-père sur celui de 14/18. C’est dans mes gênes. Je suis sensible à tes mots et si le choix de ce poème a pu te toucher, sois bien assuré que cela me fait plaisir. Merci cher Giannis ♥

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  6. Bon choix en ces moments tourmentés Belle journée

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    1. Merci Yolande … ♥

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  7. On ne se souvient jamais assez. Cette folie de vivre le moment présent et de s’abriter dans la pleine conscience du moment, sans penser à ce qui nous a conduit ici, ça fait un temps!

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    1. Vous avez raison :  » on ne se souvient jamais assez  » … Il est pourtant important de se souvenir et d’avoir toujours une pensée, voire d’honorer, tous ceux qui sont tombés pour la France . Merci Claude pour votre commentaire ♥

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