» Il faut toujours avoir une broderie à points comptés sur le feu. C’est un secret de bonne humeur, d’indépendance et de joie de vivre. La broderie rend plus doux les jours de peine et plus lumineux les jours de pluie. Elle est une parenthèse de rêve dans notre vie, elle calme et laisse ce sentiment merveilleux de créer, donc d’être utile. Elle est un plaisir pour ceux à qui on l’offre et vers qui nos pensées sont allées point après point. Elle est une histoire d’amour, elle est presque éternelle. On jette rarement un objet brodé. Elle reste dans nos familles où elle fixe les mouvements de bonheur avec des prénoms, des dates. Elle se souvient … » Sophie CHOUSSY (Auteur d’ouvrages sur la broderie)


« Considérez ces panneaux merveilleusement colorés. Leur éclat les apparente aux plus merveilleuses productions de la vie, aux élytres, aux plumes d’oiseau, aux coquillages, aux pétales. Nulle peinture ne peut atteindre à ces forces ni à ces délicatesses que les brins de soie savamment associés font paraître. Le point ajouté au point compose insidieusement une substance somptueuse. Même la chair est imitée à ravir et le modelé d’une épaule ou d’un sein est le fruit délicieux de je ne sais quels artifices d’une aiguille.
La brodeuse a choisi ses prétextes dans quelques poèmes.
Elle n’a plaint ni la peine ni la durée. Ces belles pages tissues d’or et de soie ont consumé plusieurs années. Il y a du sacrifice et du paradoxe sous cette œuvre de grâce et de magnificence où l’opiniâtreté de l’insecte et l’ambition fixe du mystique se combinent dans l’oubli de soi-même et de tout ce qui n’est pas ce que l’on veut... » Paul VALERY ( Écrivain français – Il a écrit ce texte en 1924 et parle des œuvres brodées de Marie MONNIER une brodeuse et illustratrice célèbre à son époque)






Répondre à Lisa Pascaretti Annuler la réponse.