» Si tu reviens un soir prochain
le long de la rue où l’ombre tombe
bleue comme si déjà le printemps voulait jaillir,
pour te dire comment le monde est sombre et comment
nos rêves attisent la liberté
les espoirs des pauvres dans le ciel,
Je voudrais trouver un enfant qui pleure,
des yeux ouverts et le sourire, noirs
noirs comme les hirondelles des mers.

Je n’ai seulement besoin que tu sois vivant,
un homme vivant avec le cœur, c’est un rêve.
Toute la terre est une mémoire d’ombre
De ta voix qui disait aux enfants :
« Que c’est beau la nuit et comme elle est bonne
de nous aimer ainsi, pour que l’air déborde
dans le sommeil. Tu voyais le monde
comme la pleine lune dans le ciel qui la dépasse,
les hommes marchant vers le soleil levant.
 » Alfonso GATTO (Poète italien – Ce poème fut écrit pour son père. Il est extrait du recueil Pauvreté comme le soir)

Alfonso GATTO 1909/1976 – » Je veux que la poésie seule dise qui je suis, comment et pourquoi j’ai vécu, et avec le naturel qui lui est propre. Cela me suffit. Et le même refus vaudra pour toutes les autres images qui auraient pu me représenter. Nul ne saura jamais combien un poète espère en sa beauté, sa vanité, sa force et son pouvoir de sympathie, et combien, en même temps, il désespère de tout cela ! Combien se referme sur lui le geste par lequel il voulait courir et s’annoncer ; combien il envie le succès mais plus encore l’ironie méditée. Quand j’étais enfant, c’était moi seul qui donnais aux poètes un visage, qui les voulais exactement tels que je les voyais. Je serais heureux si vous cherchiez à m’imaginer à votre manière, avec le seul recours de mes mots …  » A.G.

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