
« J’ai eu un grand coup de cœur sur la version de Lycette Darsonval et de Violette Verdi, créée en 1978 à l’Opéra de Paris, . J’étais alors à l’école de danse et j’avais gardé un souvenir émerveillé de cette version. Quand j’ai décidé de créer une nouvelle Sylvia, je suis retourné à ces sources. J’ai donc gardé cet esprit de l’école française, car j’aime la tradition que mes professeurs m’ont léguée durant mon apprentissage, à l’école et durant ma carrière. Ce sont des choses qui restent. On a des pantomimes, des choses qui peuvent paraître datées dans le classique d’aujourd’hui. Je voulais présenter quelque chose qui soit davantage dans l’air du temps. J’ai essayé de conserver ce qu’on nous a appris, mais en le faisant d’une manière plus fraîche, plus légère, plus accessible. » Manuel LEGRIS
Du 8 mai au 4 juin 2025, l’Opéra Garnier propose un ballet magnifique datant de 1876 : Sylvia, dans la version, psychologique, nostalgique, pleine de renouveau et de fraicheur, très technique, avec des variations sublimes, des portés incroyables, du danseur Étoile de l’Opéra national de Paris, ex directeur de la danse de l’Opéra de Vienne et de la Scala de Milan, : Manuel LEGRIS. C’est un ballet qu’il connait bien pour l’avoir souvent dansé lui-même. Une version qu’il avait conçue en 2018 pour l’Opéra de Vienne.
La première fois que ce captivant ballet a été interprété, c’était à l’Opéra Garnier, en juin 1876 , dans une chorégraphie de Louis Mérante (1828/1887). Le livret fut rédigé par Jules Barbier et Jacques de Reinach qui se sont inspirés d’une fable pastorale de Torquato Tasso (Le Tasse) datant de 1573 : Aminta, qui avait été écrit pour la Cour de Ferrare en Italie. Le duc Alphonso II d’Este et sa Cour étaient présents.
Un sujet sur la mythologie antique mettant en scène les aventures amoureuses de la nymphe Sylvia avec le berger Aminta . On délaissait alors le ballet romantique et les fées pour une jeune fille qui découvre et s’éveille à l’amour et à la sensualité. La première fut Rita Sangalli, une ballerine italienne réputée pour son audace, sa force et sa rapidité. Elle donnera à l’œuvre un éclat particulier.
La musique de ce ballet est d’une grande richesse mélodique, avec une belle palette de couleurs et des changements rythmiques tout à fait délicieux. Elle fut composée par Léo Delibes, lequel s’était déjà distinguée avec celle du ballet Coppélia .
Nombreuses ont été les relectures de ce ballet. Celle de Frederick Ashton pour le Royal Ballet en 1952, élégante et magnifique, est à retenir, car on peut dire que c’est grâce à elle que le ballet a véritablement connu une renaissance, d’autant qu’elle avait été expressément pensée pour la muse d’Ashton : Margot Fonteyn. Plus tard, le rôle sera repris avec succès par Darcey Bussell.
Il y a une autre version , très appréciée également, plus moderne, de John Neumeier, grand maître du ballet narratif, pour l’Opéra de Paris en 1997 avec Monique Loudières et Manuel Legris. Ce dernier le dansera, par la suite, avec Aurélie Dupont.






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