(Vidéo : Philippe JAROUSSKY (Contre-ténor)

« Souvent le soleil resplendit dans le ciel, plus beau, plus doux, si un nuage obscur d’abord ne l’assombrit. On entend parfois la mer apaisée, presque sans vagues, après qu’une rude tempête l’ait d’abord agitée …  »

Cette aria superbe, sensible, irrésistible, qui dialogue si merveilleusement bien avec le violon, est extraite de l’opéra Andromeda liberata. Ce serait plutôt une  » sereneta veneziana  » un genre entre cantate et opéra, né au milieu du XVIe siècle, et que l’on présentait souvent lors des fêtes ou célébrations.

L’aria de ce jour fut découverte par le musicologue Olivier Fourés à la Bibliothèque Mario Messinis du Conservatoire Benedetto Marcello à Venise. C’est à partir de là que des recherches plus approfondies vont aboutir à la partition de cette œuvre lyrique créée en 1726 à l’Ambassade de France de la Sérénissime pour le retour du grand mécène et mélomane averti le cardinal Pietro Ottoboni.

Diverses notes retrouvées à propos de l’opéra lui-même, , signées Giovanni Porta, Tomaso Albinoni, Niccola Porpora , Antonio Vivaldi font penser qu’il s’agirait de ce que l’on appelait un pasticcio réunissant des airs de ces quatre compositeurs . Seule la paternité de l’aria Sovvente il sole est attribuée, avec certitude, à Vivaldi.

Le pasticcio était une pratique souvent utilisée à l’époque baroque. Il s’agissait d’emprunter des extraits lyriques de compositeurs différents pour créer une œuvre nouvelle. Cela s’apparenterait à ce que l’on appelle de nos jours plagia. Il avait un avantage toutefois à savoir que parfois les airs empruntés n’avaient pas eu le succès escompté lors de leur création , alors que repris dans une autre œuvre opératique, ils plaisaient.

 » Persée délivrant Andromède  » 1555 – Paolo VERONESE

Laisser un commentaire

Tendances