» Elle semble d’abord de ses pas pleins d’esprit, effacer de la terre toute fatigue, toute sottise. Et voici qu’elle se fait une demeure de peu au-dessus des choses et on dirait qu’elle s’arrange un nid dans ses bras blancs. Mais, à présent, ne croirait-on pas qu’elle se tisse de ses pieds un tapis indéfinissable de sensations ? Elle croise, elle décroise, elle trame la terre avec la durée.
Ô le charmant ouvrage, le travail très précieux de ses orteils intelligents qui attaquent, qui esquivent, qui nouent et qui dénouent, qui se pourchassent, qui s’envolent ! Qu’ils sont habiles, qu’ils sont vifs ces purs ouvriers des délices du temps perdu ! Ces deux pieds babillent entre eux et se querellent comme des colombes. Le même point du sol les fait se disputer pour un grain. Il s’emportent ensemble et se choquent dans l’air encore ! … » Paul VALÉRY (1871-1945 -Poète, écrivain et philosophe français / Extrait de son ouvrage L’âme et la danse)






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