» Les empreintes de pas s’effacent
avec le temps, mais la rivière
re-déploie les reflets du ciel
dont le pont la dépossédait.
Quand s’évaporent dans les chambres
les phrases qui nous enchantèrent
le soleil se baisse à la porte
pour pénétrer dans la pénombre.
Un souffle arrache à la forêt
quelques feuilles qu’il oublie vite
avant de les reprendre au sol
pour des envols plus imprévus.
Les roues ferrées des chars de gerbes
ont retenti le long des granges
dont la nuit attend jusqu’à l’aube
l’appel d’un sifflet de batteuse.
Notre soif descend d’heure en heure
boire à la source. Ah le travail
le finir et s’asseoir le soir
sur le bord du lit comme en rêve.
Ce matin le gel blanchit l’herbe
et le ciel est couleur de fleurs.
Ô douceur de l’hiver. Les jours
vont grandir comme des enfants.
Le clocher sonne sur la place
parmi les marchands et les bœufs
mais la carrière abandonnée
fait vivre les buissons sauvages.
N’aie pas trop peur de l’ignorance
puisqu’un révélateur viendra.
Mais c’était lui qui te parlait. » Jean GROSJEAN (Poète français, prosateur, traducteur // Extrait d’un recueil de poèmes anciens de Grosjean, édité par la Maison Gallimard et qui s’intitule Une voix, un regard)






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