Cette magnifique Sonate fut écrite en 1803, une première fois dédiée au violoniste George Auguste Bridgetower, puis, plus tard, à un autre virtuose et chef rencontré à Vienne en 1798 : Rodolphe Kreutzer ( d’où l’intitulé de l’œuvre ) lequel refusera de la jouer car elle ne lui plaisait pas. Il est vrai que d’autres avant lui n’avaient pas très bien compris cette musique, eux non plus.
Elle inspirera Léon Tolstoï qui en l’écoutant s’écriera : » ah mais quelle chose terrible que cette Sonate ! ‘ – Il écrira une Nouvelle en 1889 qui portera le même nom que la partition et dans laquelle la musique trouvera une place très importante. En effet, c’est par elle que naissent les liens affectifs et complices entre Vassia, l’épouse du héros principal Pozdnychev et le violoniste Troukhatchevski. Il raconte les ressentis que le mari éprouvera en découvrant ces liens, lesquels feront naître en lui une jalousie intense qui le poussera à la folie et au drame.
C’est une très belle page. A la fois le calme et la tempête, étonnante, solennelle, mystérieuse, imaginative, expressive, virtuose, élégante, mais empreinte aussi d’une certaine forme de délicatesse. Le violon et le piano, complices, dialoguent merveilleusement bien ensemble.






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