» Dans mon midi, les lavandières ,
Tambour battant, ont changé de canal.
Nos robustes et courageuses femmes bugadières
À genoux, assises sur leur imposant derrière,
À coups de battoir en bois tabassaient leur linge.
Ces pipelettes lessivaient en même temps leurs méninges.
Rien à voir avec ces deux excitantes pin-up
Et leurs bulles échappées de canettes de seven-up.
Leurs mains rougies, gonflées d’engelures,
Par tous les temps et leurs morsures,
Savonnaient, battaient, trempaient, rinçaient,
Portaient dans des brouettes qui grinçaient,
Le linge propre qu’elles étalaient sur les prés
Ou qu’elles épinglaient sur des fils d’étendoirs.
Le linge gigotait sur des cintres en forme de bateau-lavoir.
Des fichus retenaient leur chevelure
Tandis que les oiseaux sifflaient la bonaventure.
Leurs poitrines opulentes de ménagères accomplies
Ne faisaient plus mousser que les draps de lit ! …
Des draps de lin, épais, inusables comme la misère.
Il leur fallait parfois tirer l’eau du puits, faire
Bouillir dans une lessiveuse, essoufflée, surprise
De ce linge qui sortait blanc de cendres grises.
Les lavandières existent-elles encore au Portugal ?
Ces deux midinettes aux allures de flibustières,
Sur les récifs de coraux, baignent leur galère
D’une moue pour cette tâche ménagère ennuyeuse.
Un gagne-pain en jupe culotte et vareuse.
Des lavoirs existent encore, anciens vestiges
Pour de courageuses déesses callypiges. » Jeanine CASTEL (Poétesse française)







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