« Les gens qui lisent sont moins cons que les autres, c’est une affaire entendue. Cela ne signifie pas que les lecteurs de littérature ne comptent pas d’imbéciles et qu’il n’y a pas de brillantes personnalités chez les non lecteurs. Mais, en gros, ça s’entend, ça se voit, ça se renifle, les personnes qui lisent sont plus ouvertes, plus captivantes, mieux armées dans la vie que les personnes qui dédaignent les livres.
Lire des romans, c’est prendre des nouvelles des autres.
Lire de la poésie, c’est soulever des chapeaux, des couvercles, des tapis, le ciel.
Lire n’est pas se retirer du monde, c’est entrer dans le monde par d’autres portes. Lire, c’est agrandir sa famille, engager du personnel, se faire des amis, multiplier ses actions, se constituer un fabuleux Carnet d’adresses.
Lire, c’est faire rentrer un peu de lumière dans le dédale piégé de nos existence. Lire, c’est courir le risque de se remettre en cause.
Entre les mains, les livres ne pèsent pas du même poids au trébuchet du talent. Lire c’est avoir de l’esprit jusqu’au bout des doigts.
Lire c’est partir, s’égarer, faire des rencontres, s’arrêter pour réfléchir ou rêver, repartir en jubilant, écouter battre son cœur, se désaltérer, voler des cerises ou des pommes, avoir peur, avoir envie, s’émerveiller, se plaindre, s’interroger, se souvenir, et aussi poursuivre, voyageur infatigable, jusqu’au bout du livre. » Bernard PIVOT (Journaliste français, écrivain, critique littéraire, animateur d’émissions cultuelles-Extraits de son livre Lire)







Laisser un commentaire