» Ah comme le café a bon goût ! plus agréable que mille baisers, plus doux qu’un vin de muscat. Un café, je dois avoir un café, et si quelqu’un veut me faire plaisir, Ah ! qu’il me donne juste un café » … (Paroles extraites du texte du poète allemand Christian Friedrich HENRICI dit PICANDER )
( Vidéo : Emma KIRBY (Soprano ) – Davis THOMAS (Basse) – Roger COVEY-TRUMP( Ténor) – Tous trois accompagnés par l’ACADEMY OF ANCIENT MUSIC – Direction Christopher HOGWOOD )
Pourquoi une Cantate destinée au café ? Cette boisson était consommée en Europe depuis la fin du XVIIe siècle, à la mode et très prisée en Allemagne. Bach, on le sait, en fut un grand adepte . La Cantate parle, au travers des mots humoristiques de Picander, de l’addiction de celles et ceux qui raffolaient du café, mais aussi des autres, généralement plus vieux, qui voyaient en lui un vice social, une boisson dangereuse.
Son histoire est celle de la jeune Lieschen qui tombe carrément amoureuse du café et qui ne peut se passer d’en boire au moins trois tasses ( voire plus ) par jour ! Son père est sous le choc de cet engouement. Il trouve la boisson odieuse et pour la faire changer d’avis, l’informe qu’il lui interdira de se marier si elle persiste à en consommer. Obstinée, la jeune fille ne cédera pas .
A noter que Bach a rajouté un récitatif et un chœur final au texte de Picander, afin de laisser en quelque sorte une porte ouverte à un éventuel changement d’avis de la jeune Lieschen, ce qui serait alors vu comme un » happy end « , une réconciliation du père et de la fille.
Une Cantate profane, joyeuse, merveilleuse, composée en 1734, incroyablement charmante, audacieuse, délicate, non dénuée d’émotion aussi. Elle fut jouée dans un endroit très célèbre de Leipzig : le Café Zimmermann par le Collegium Musicum, un ensemble de jeunes musiciens que le Cantor avait dirigé quelques années auparavant. Ce café était l’un des plus grands et beaux endroits de la ville, mais aussi un lieu de rencontre de la bourgeoisie locale.





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